Cameroun : double scrutin du 9 février 2020, le Nouveau Mouvement Progressiste en marche

« Entrons dans la Mairie du 21ème Siècle ». C’est le thème qui a servi de fil conducteur au séminaire organisé le dimanche 19 janvier 2020 par Banda Kani, président du Nouveau Mouvement Progressiste (NMP).

Au cours de cette importante rencontre très courue, tenue à Douala, capitale économique du Cameroun, la profession de foi et le programme de gouvernement municipal qu’entend mettre en pratique, le NMP (Nouveau Mouvement Progressiste), parti politique de l’opposition camerounaise, participant au double scrutin du 9 février prochain, ont ainsi été dévoilés.

Pour le président Banda Kani, s’appuyant sur le programme de gouvernement municipal de son parti, « Gouverner, c’est se mettre en mode « développement durable ». Ceci consiste à porter attention aux générations à qui on lèguera sa Commune. C’est développer une pédagogie de comportements qui rend les générations présentes redevables envers les générations futures sur la façon donc le bien commun aura été géré. C’est donner dans la durée (10, 20, 30, 50 ans, voire davantage), une priorité à la gestion et au patrimoine, aussi bien qu’aux équipements, c’est être respectueux de son environnement, améliorer les conditions de vie des populations mais en priorité, celles des pauvres, c’est développer la Commune, aménager le cadre de vie pour en faire un endroit où il fait bon vivre. On gère pour ceux qui sont là, aussi pour ceux qui ne sont pas là ».

Par le passé, au Cameroun, être Maire a consisté, pour l’essentiel, à être un auxiliaire de l’administration. Il lui suffisait d’être loyal et fidèle aux intérêts de l’administration, du sérail, pour avoir accès à des privilèges matériels, pécuniaires et symboliques. Bien sûr, il (ou elle) célébrait les mariages, établissait les actes d’état-civil, les actes de naissance et de décès, faisait voter un compte administratif, collectait, dans la mesure du possible, les impôts, gérait un établissement ou équipement public de niveau secondaire ou domestique, faisait de l’action sociale, reprofilait les routes et autres chaussées, prenait quelques initiatives en vue de l’assainissement des quartiers et distribuait par ici et par là, de l’aide humanitaire. Il s’agissait d’administrer la Mairie. Tant qu’on avait le visa de la tutelle et que le budget était approuvé en recettes et en dépenses, tout allait bien. La Mairie était un appendice de l’administration. Le sort des populations et de la Commune en tant que territoire de vie, importait peu. La Mairie était un faire-valoir administratif.

La Mairie du 21ème siècle, selon le NMP, c’est tout autre chose. S’il faut conserver les acquis du cycle municipal qui s’achève, en faisant mieux et bien, cela ne va pas sans dire qu’il est dorénavant question de développer la Commune et de changer la vie des habitants de celle-ci. Ainsi dit, la Mairie du 21ème siècle est une institution, une juridiction, un centre d’intelligence, un centre de développement de l’économie municipale, un centre d’initiative culturelle, une maison des citoyens, une amie de l’institution traditionnelle et religieuse, une mairie verte, … en bref, la Mairie du 21ème siècle est une vision de la Commune qui s’appuie sur deux préoccupations fondamentales : d’une part, encourager le développement pour répondre à la croissance de la population et au-delà, améliorer les conditions de vie, et d’autre part, tenir compte d’un territoire et de ses ressources limitées, des milieux et, d’une façon générale, de l’environnement. Il s’agit de « développer durablement » ou de « développer écologiquement ».

A travers ces concepts jumeaux, il est question de penser d’avantage aux jeunes et laisser aux générations qui succèderont, les moyens de continuer l’œuvre. C’est léguer à nos enfants une Terre que nous n’avons fait qu’emprunter.