Cameroun : baobab de la tradition, le Sultan Ibrahim Mbombo Njoya s’en est allé

Sultan Ibrahim Mbombo Njoya
Sultan Ibrahim Mbombo Njoya

Le peuple camerounais en général et la communauté musulmane en particulier, sont dans l’émoi et la consternation. Et pour cause, le Sultan Ibrahim Mbombo Njoya, roi des Bamouns, a tiré sa révérence, le 27 septembre 2021, quelques jours après son évacuation sanitaire en Europe.

Atteint du Coronavirus, le sultan Ibrahim Mbombo Njoya (83 ans), avait bénéficié d’une évacuation sanitaire en Europe, il y a quelques semaines. Mais avant, ce gardien des traditions et par ailleurs membre du bureau politique du RDPC (Rassemblement démocratique du peuple camerounais) avait été hospitalisé depuis le jeudi 9 septembre 2021 au Centre des Urgences de Yaoundé.

Fils de Seidou Njimouluh Njoya, Ibrahim Mbombo Njoya est né le 27 octobre 1937 à Foumban. Il est, depuis 1992, le sultan, roi des Bamouns au Cameroun. Le roi des Bamouns a occupé plusieurs fonctions dans l’administration camerounaise. De 1960 à 1962, il est tour à tour chef de cabinet du secrétaire d’Etat à la présidence de la République chargé de l’Information, chef de Cabinet du ministre des Forces armées. Et enfin, directeur de Cabinet du ministre des forces armées.

Ensuite, il est nommé Commissaire général à la Jeunesse, aux Sports et à l’Education populaire. Le 25 mai 1965, il entre au gouvernement comme ministre adjoint de l’Education, de la Jeunesse et de la Culture. Cinq ans plus tard, il devient ambassadeur du Cameroun en Guinée Equatoriale, le 31 juillet 1970. Puis, il est nommé Ambassadeur du Cameroun en Egypte jusqu’en 1981, avec pour premier secrétaire René Sadi.

Le 10 août 1992, il est intronisé Sultan, roi des Bamouns. Ce qui le pousse à démissionner du poste de gouvernement pour se consacrer à ses nouvelles fonctions traditionnelles. Suite à son décès, le préfet du Noun, département du Cameroun situé dans la région de l’Ouest, a scellé le Palais.

Pour Jean Balogbo, « notre pays vient de perdre une pièce maîtresse, laquelle devait peser de tout son poids, pour le retour définitif de la paix dans les zones anglophones en crise. Alors, nous voici abandonnés au carrefour. Nous ne saurons quel chemin emprunter. Pauvre de nous-mêmes ! »