Cameroun :  à quelques jours de la rentrée scolaire, les parents perdent le sommeil


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Une classe
Une salle de classe

Qu’est-ce qui explique qu’à l’approche de chaque rentrée scolaire, la fièvre monte, et les parents, surtout les moins nantis, perdent complètement le sommeil ?

Appréhende-t-on, la période des grosses dépenses de l’année (rentrée académique). Il faudra faire face, entre autres, à la négociation, afin de trouver une place à son enfant dans un établissement scolaire public ou privé, puis viennent : l’inscription, les frais de l’APE (Association des parents d’élèves), la totalité des frais de scolarité, lesquels varient d’un établissement à un autre, selon qu’on est au public ou au privé laïc ou confessionnel, et les frais d’examen, pour les élèves des classes d’examen. Sans compter la première tranche, pour les élèves des classes intermédiaires (crèche, maternelle, CP, CE I, CE II, CMI, 6è, 5è, 4è, 2nd, ). Y compris les tenues (sport et de l’école), les bottes, gourdes, imperméables et parapluies, les cartables et fournitures scolaires, chercher aussi un/des répétiteurs.

Pour avoir le maximum d’élèves et aussi annoncer la prochaine rentrée académique, les établissements scolaires, qu’ils soient en zone urbaine ou rurale, organisent déjà des campagnes de distribution de leurs dépliants, de collage des affiches publicitaires dans les grands axes routiers, les endroits qui grouillent de monde, les médias (presse écrite, en ligne, radio, télévision) ne sont pas en reste.

Pour le retraité Samuel Nguidjol, « On ne nourrit pas la poule le jour du marché ». « Je voudrais en clair dire que, lorsqu’une année scolaire finit, il faut aussitôt commencer à préparer la prochaine. Cela permet d’être à l’abri des difficultés de toutes sortes. Pour les familles à très faible revenu, je conseillerai de mener une activité génératrice de revenu, aussi petite qu’elle soit, puis faire les « aladji », qui consiste à verser un peu d’argent (100fcfa ….10 000fcfa), tous les jours, à certaines personnes/associations de très bonne moralité, puisqu’on en trouve encore chez nous. Et à quelques semaines de la rentrée scolaire, vous pouvez entrer en possession de tout votre dû.

Moi-même, quand j’étais encore en activité, c’est cette astuce qui m’a permis de subvenir à l’éducation de mes 9 enfants, qui sont pour certains, des hauts commis de l’État, d’autres encore sans emploi ».

« Tous les cinq doigts ne sont pas égaux ».

« Chacun doit accrocher le sac où il peut facilement le décrocher ». Pendant que les familles pauvres se lamentent ou se mordent les doigts, les familles riches, de leur côté, sont à l’abri, pour ne pas dire qu’elles dorment tranquillement. Ainsi est faite la société ! », a-t-il ajouté.

Pour la couturière Marie Tatchou, « lorsque mes enfants finissent de composer le troisième trimestre, pour ceux qui sont dans les classes intermédiaires, ils se lancent immédiatement dans la vente ambulante des robes et cabas pour enfants, que je confectionne. Cette activité permet à mes enfants de nous soutenir, mon mari et moi, car chacun fait un versement quotidien dans sa caisse, laquelle est cassée à quelques jours de la rentrée scolaire. Cela prouve la volonté de nos enfants à avoir les diplômes, comme dans notre pays, le « soleil » ne brille pas dans toutes les familles ».

« Mais, l’essentiel est d’avoir ses diplômes/qualifications, car on ne sait jamais, les choses peuvent changer un jour. Autre chose et non des moindres, c’est que lorsque les enfants réussissent aux examens, cela atténue la douleur des parents », a-t-elle conclu.

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