Calvin Nya veut que le consommateur soit davantage valorisé au Cameroun

Monsieur Calvin NYA, Président de la Chambre nationale des consommateurs du Cameroun (CNACOC), a organisé une série d’activités en marge de la célébration de la 33ème édition de la Journée mondiale des droits des consommateurs (JMDC) et le clou de ces activités a eu lieu le 15 mars 2018 à l’hôtel Vallée des Princes de Douala par une table ronde. Au terme de celle-ci, il échange avec Afrik.com.

Afrik.com : Monsieur Calvin Nya, que représente pour vous la date du 15 mars et que fait votre organisation pour marquer d’une pierre blanche cette journée ?

Calvin Nya :
Le 15 mars est la Journée mondiale des droits du consommateur. C’est l’occasion de marquer un temps d’arrêt pour évaluer tout ce qui a été fait depuis la dernière célébration.
Pour que cette journée ne passe pas inaperçue, la Chambre nationale des consommateurs du Cameroun (CNACOC) a organisé toute une série d’activités pour rassembler un maximum de personnes afin de mettre en évidence et sensibiliser les consommateurs à une question qui est importante dans le monde entier.

La JMDC (Journée mondiale des droits des consommateurs) est notre chance d’avoir le plus grand impact possible. En travaillant ensemble, nos voix appelant au changement sont beaucoup plus puissantes qu’elles ne le seraient toutes seules.

Afrik.com : Quel est votre point de vue en ce qui concerne le commerce électronique ?

Calvin Nya :
Le commerce électronique, l’achat de produits ou de services en ligne, a transformé le marché. Maintenant les consommateurs ayant un appareil connecté et une méthode de paiement peuvent tout acheter allant de la musique aux produits à emporter, réserver leur billet de transport et leur logement.

Cette nouvelle façon de faire du commerce a ouvert une vaste gamme de choix aux consommateurs et a élargi la commodité sur une échelle jamais vue auparavant. Cependant, comme ces transactions ont souvent lieu au-delà des frontières, qu’elles impliquent des entreprises en ligne sans magasins physiques et que presque n’importe qui peut créer un site internet et mettre en place un magasin en ligne. Il y a des problèmes et des défis pour les consommateurs auxquels ils n’auraient pas à faire face s’ils faisaient du shopping de manière traditionnelle.
C’est pourquoi pendant ces journées et en l’occurrence la Journée mondiale des droits des consommateurs, la Chambre nationale des consommateurs veut que les marchés numériques soient plus justes pour tous les consommateurs. C’est cela notre principal objectif.

Afrik.com : Vous venez de célébrer de concert avec la communauté internationale, la 33ème JMDC, qui s’inscrit dans le cadre du partenariat public-privé et société civile. Pouvez-vous nous dérouler la panoplie d’activités qui ont été menées, sans oublier le thème qui a servi de fil conducteur ?

Calvin Nya :
Cette célébration qui avait pour thème : «Rendre les marchés du numérique plus équitables », a été marquée par des activités diverses qui ont commencé depuis le 11 mars 2018, notamment par la marche sportive de solidarité, la foire promotionnelle, la formation-conseil, les conférences-débats et la soirée de gala qui a connu la remise des Awards aux entreprises méritantes.

Il s’agissait en somme, d’une heureuse circonstance de retrouvailles entre les pouvoirs publics, les producteurs de biens et services que sont les opérateurs économiques d’une part, et les acheteurs de ces biens et services que sont les consommateurs, d’autre part.

Afrik.com : Nous osons croire que vous rencontrez des obstacles dans l’exercice de vos missions. Etes-vous prêt à jeter l’éponge ?

Calvin Nya :
A ce sujet, je puis vous dire d’emblée que la CNACOC (Chambre nationale des consommateurs du Cameroun) va continuer, malgré les écueils et autres réticences rencontrés face aux interlocuteurs sur le terrain, de ne ménager aucun effort pour informer, sensibiliser et défendre les intérêts des consommateurs.

Afrik.com : Le thème central choisi cette année reflète-t-il à l’actualité au Cameroun?

Calvin Nya :
Au niveau de la CNACOC, le thème central choisi cette année, à savoir «Rendre les marchés du numérique plus équitables » reflète l’actualité qui repose sur davantage de discours en vue de la promotion de l’économie numérique, qui est la nouvelle option des pouvoirs publics, instaurée par le Chef de l’Etat.

Afrik.com : Pouvez-vous énumérer quelques actions menées par le gouvernement afin de mettre fin aux spéculations ?

Calvin Nya :
Grâce aux multiples actions de lutte contre la vie chère, la pauvreté, les mises en garde, les ventes promotionnelles, les réunions successives de concertations avec en prime la stabilité des prix de manière quasi-permanente sur les marchés, que le gouvernement ne cesse d’organiser, les spéculations ont quasiment disparu.

Au-delà de cette performance remarquable, il y a lieu d’y ajouter, entre autres, la loi-cadre régissant la protection des consommateurs au Cameroun, la loi régissant l’activité commerciale, la promotion des produits locaux avec le slogan « Consommons camerounais », les journées économiques camerounaises sur le plan international, l’instauration des fora sur le cacao ou le café, les éventuels comités de recours, etc. Il en est de même de la représentation des Associations des consommateurs au sein du Conseil national de la consommation, de la Commission nationale de la concurrence, de la Cellule de lutte anticorruption et de l’ART (Agence de régulation des télécommunications).

Afrik.com : Quelques doléances à émettre ?

Calvin Nya :
Les Associations des consommateurs restent toujours stupéfaites face aux comportements des pouvoirs publics, vis-à-vis des produits qui ont pourtant été frappés d’interdiction, en l’occurrence : les whiskies en sachet, l’eau en sachet, les emballages non dégradables, etc. Il en est de même d’une nébuleuse appelée grippe aviaire qui a fait le tour du Cameroun au cours de l’année 2017, en enflant une certaine polémique, avec des commentaires et autres suspicions qui sont allés dans tous les sens, perturbant ainsi sérieusement les consommateurs. Malheureusement, jusqu’à ce jour, les Associations des consommateurs ne disposent d’aucune information fiable susceptible de leur permettre de s’aventurer dans le moindre commentaire sur l’apparition ou la disparition de cette maladie virale. Cependant, elles continuent de s’opposer énergiquement à tout retour à l’importation des poulets congelés sur le marché camerounais, dont les conséquences néfastes sur la santé sont avérées.

D’une manière générale, le consommateur camerounais ne cesse de subir les perpétuelles conséquences des coupures injustifiées d’électricité et d’eau, mais aussi et surtout, des arnaques, des publicités mensongères récurrentes, diffusées par diverses entreprises et même des sociétés d’Etat. Par exemple, les consommateurs ne savent rien sur l’effectivité de la 4G annoncée en grande pompe par les opérateurs de téléphonie mobile, il y a plus d’un an.

De même, les conséquences de la signature des APE (Accords de partenariat économique), avec l’Union européenne ne se ressentent pas encore au niveau du consommateur et risquent de compromettre les actions du gouvernement en matière de lutte contre la vie chère.
Parmi les doléances pour cette année, nous souhaiterions, avant tout, que le financement du travail abattu par les Associations de consommateurs soient expressément inscrit au budget 2018 du Ministère du Commerce, au vu d’un plan d’action qui sera préalablement défini, afin de leur permettre de satisfaire les problèmes de logistique les plus élémentaires (déplacements, loyers, carburants, entre autres) .

Nous souhaitons que les sanctions exemplaires soient prises, afin que les coupables, à quelque niveau que ce soit, répondent de leurs actes ignobles.