Calme électoral togolais

Le Togo a vécu dimanche 27 octobre 2002 une journée électorale calme, la faible affluence aux bureaux de vote des 2,9 millions d’électeurs inscrits marquant à l’évidence le manque d’intérêt de la population pour un scrutin  » joué d’avance « .

Le 27 octobre 2002 marquera l’un des scrutins les moins disputés de l’histoire du Togo, puisque dix partis d’opposition, récemment réunis au sein d’une  » Coalition des Forces Démocratiques  » s’étaient retirés de la compétition, et que seul le RPT, parti du président Gnassingbé Eyadéma, présentait des candidats dans toutes les circonscriptions…

Parmi les leaders absents qui se sont retirés de ce qu’ils ont dénoncé comme une  » mascarade « , figurent notamment Gilchrist Olympio, opposant démocratique traditionnel, à la tête de l’Union des Forces de Changement  » et Edem Kodjo, longtemps proche collaborateur du Général-Président, en particulier comme premier ministre, et qui est désormais l’un de ses plus farouches adversaires.

Les derniers mois ont en effet vu un grand nombre d’interventions dans les médias panafricains d’Edem Kodjo, dont les critiques contre le  » système RPT  » portent d’autant mieux qu’il en fut l’un des barons…

Il sera difficile d’analyser les résultats de cette journée : du manque d’intérêt pour le vote lui-même on pourra déduire une baisse de la popularité de Gnassingbé Eyadéma, qui s’est engagé à se retirer à l’issue de son deuxième mandat, en 2003, comme le stipule la constitution togolaise. Mais le même président Eyadéma, doyen des chefs d’Etat africains francophones, pourrait aussi justifier une nouvelle candidature et un nouveau mandat, en s’appuyant sur un succès vraisemblable de son parti !

Les partisans du changement pourraient en effet se trouver confrontés à un réflexe de peur de la part d’un électorat partagé, qui redoute que la disparition d’Eyadéma de la scène politique togolaise se traduise par une suite de crises institutionnelles ou politiques, comparables à celles que connaissent la Côte d’Ivoire depuis plusieurs années, ou la Centrafrique de manière chronique… Un point est certain : le vote du dimanche 27 octobre 2002 s’est déroulé dans la sérénité, voire dans l’indifférence d’une bonne partie des Togolais.