Bush s’ouvre à l’Afrique

Le Président américain entame mardi une tournée de cinq jours sur le continent africain, au Sénégal, en Afrique du Sud, au Botswana, en Ouganda et au Nigeria. Au programme : lutte contre la pauvreté et le sida et promotion de la démocratie.

George W. Bush s’envole lundi soir pour l’Afrique. Le Président américain effectue, pour la première fois depuis le début de son mandat, une visite en Afrique sub-saharienne. Le voyage, prévu initialement en janvier et repoussé pour cause de guerre en Irak, sera l’occasion pour les Etats-Unis d’affirmer leur soutien à l’Afrique dans lutte contre la pauvreté et le sida et la promotion de la démocratie. Le tour de cinq jours mènera George W. Bush au Sénégal, en Afrique du Sud, au Botswana, en Ouganda et au Nigeria.

Les pays n’ont pas été choisis au hasard. Au Sénégal, qui apparaît comme un modèle de stabilité politique dans la sous-région (mis à part le problème casamançais), le Président Bush devrait prononcer, sur l’île de Gorée, un discours sur l’esclavage et les liens qui unissent son pays à l’Afrique. En Afrique du Sud, qui possède l’économie la plus avancée du continent et au Botswana, aux vastes ressources minières, le développement économique sera mis en avant, tandis que le Président américain devrait encourager la politique dynamique anti-sida développée par l’Ougandais Yoweri Museveni. Enfin, le voyage se terminera dans le pays le plus peuplé d’Afrique, mais aussi l’un des plus riches en pétrole, le Nigeria.

L’économie et la diplomatie

Le Président américain devrait défendre la cause des biotechnologies afin que l’Afrique assure son auto-suffisance alimentaire et pourrait annoncer un Agoa 3 ou au moins l’extension de l’African Growth Opportunities Act après 2008. La question de la dette, quant à elle, ne semble pas à l’ordre du jour. Côté diplomatie, George W. Bush a promis de faire pression sur le président ougandais afin qu’il cesse de soutenir la rébellion en République Démocratique du Congo, et beaucoup attendent de cette visite un engagement ferme sur le problème libérien. Le Président américain a déjà déclaré que le départ de Charles Taylor était un préalable au retour de la paix dans le pays mais ne s’est pas encore prononcé sur l’envoi de troupes américaines.

Jusqu’ici, l’Afrique noire ne figurait pas sur la carte américaine des régions stratégiques à ménager. Ce voyage, et les différentes déclarations qui l’ont précédé, montre une certaine réorientation de la politique étrangère de Washington. Certains analystes y voient l’influence de Colin Powell (secrétaire d’Etat à la Défense) et de la conseillère à la Sécurité nationale Condoleeza Rice, qui a déclaré la semaine dernière que « l’Afrique faisait partie de l’histoire américaine » (New-York Times). D’autres soulignent que les réserves pétrolières africaines pourraient faire contre-poids à l’Opep (Organisation des pays producteurs de pétrole où l’influence des pays arabes est prédominante).

« L’Amérique s’intéresse au futur de l’Afrique »

Quelques soient les raisons de l’intérêt américain pour l’Afrique, le Président américain a d’ores et déjà annoncé l’octroi futur de plusieurs aides financières à destination du continent. Comme son Programme de lutte contre le sida en Afrique et aux Caraïbes, doté d’un budget de 15 milliards de dollars sur 5 ans. Ou bien encore le Millenium Challenge Account, soient 10 milliards de dollars sur 3 ans pour les pays en voie de développement montrant des progrès dans la « bonne gouvernance », un projet d’aide à l’éducation de 600 millions de dollars, et une enveloppe de 100 millions de dollars pour lutter contre le terrorisme en Afrique de l’Est.

« Lors de mon voyage, je vais porter ce message aux Africains : l’Amérique s’intéresse au futur de l’Afrique. Il est dans notre intérêt national que l’Afrique devienne un continent prospère ; il est dans notre intérêt que lorsque nous voyons de la souffrance, nous nous en occupions », a déclaré George Bush à quelques jours de son départ. Pour faire de ce message une réalité, il lui faudra plus que des discours inspirés. Le Président doit en effet convaincre le Congrès de lui débloquer l’argent nécessaire à tous ces programmes « africains ».