Burundi : polémique après la violente agression d’un journaliste de RFI

Radio France Internationale (RFI) proteste vivement contre l’agression de son correspondant au Burundi, Esdras Ndikumana, par ailleurs collaborateur de l’AFP. Il a été interpellé puis roué de coups, après l’assassinat à Bujumbura du bras-droit du Président Pierre Nkurunziza.

Alors qu’il prenait des photos sur le lieu de l’attaque à la roquette contre le général Adolphe Nshimirimana, le bras-droit du Président Nkurunziza, le correspondant de Radio France Internationale (RFI), Esdras Ndikumana, a été interpellé par les forces gouvernementales. Retenu deux heures dans leurs locaux, il a été violemment frappé au dos, aux jambes et sur la plante des pieds, avant d’être relâché et hospitalisé. « Ses jours ne sont pas en danger, mais il est en état de choc et présente de sérieuses contusions », précise RFI, dans un communiqué.

« Le groupe France Médias Monde (RFI, France 24, Monte Carlo Doualiya), dont les correspondants et envoyés spéciaux ont déjà été mis en difficulté d’exercer leur métier au Burundi, au cours des dernières semaines, condamne fermement cette agression intolérable contre un des ses journalistes dans le cadre de ses fonctions, et lui apporte tout son soutien », indique RFI, dans un communiqué. « RFI a officiellement protesté contre cette agression auprès des autorités burundaises et va leur adresser une lettre, conjointement avec l’AFP, pour demander des explications et exiger qu’elles garantissent la sécurité de ses collaborateurs au Burundi afin qu’ils puissent continuer d’exercer librement leur mission d’information », selon le communiqué.

De son côté, la directrice de l’Information de l’AFP, Michèle Léridon, s’était déclarée, dimanche, « très choquée » par cette agression. « Nous allons demander des explications aux autorités du Burundi ainsi que l’assurance qu’un tel incident ne puisse se reproduire. Notre correspondant doit pouvoir continuer à exercer sa mission d’information en toute sécurité », avait-elle ajouté.