Burundi : Nouvelle stratégie pour le désarmement des civils

La commission technique en charge du désarmement des civils et de la lutte contre la prolifération des armes légères et de petit calibre propose des projets de développement aux citoyens pour débarrasser le pays de tous les engins de la mort qui ont beaucoup prospéré à l’ombre de la décennie de guerre civile écoulée.

La commission a réuni lundi à Bujumbura des représentants des corps de défense et de sécurité, ceux de l’administration à la base, des élus du peuple et des religieux appelés notamment à jouer un rôle de premier plan dans la nouvelle tentative visant à désarmer les civils et garantir l’ordre et la sécurité publics.

Le désarmement volontaire des civils a été lancé officiellement au début de l’année dernière, mais il n’a permis à ce jour de récolter qu’une maigre moisson d’environ 5.000 armes dans un pays qui en compterait plus de 300.000, selon diverses sources sécuritaires concordantes. Certains civils prennent pour prétexte le fait que le Front national de libération (FNL, rébellion) reste encore actif dans le pays pour retarder le désarmement.

La nouvelle stratégie se veut plus incitative et des citoyens pris individuellement pourraient bénéficier d’un financement leur permettant d’initier un projet de développement suivant la nature et la valeur de l’arme remise, a précisé au séminaire le président de la commission technique nationale en charge du désarmement des civils et de la lutte contre la prolifération des armes légères et de petit calibre, Sylvestre Kibeceri. »Nous allons apprécier l’ensemble des armes remises par collectivité locale et offrir en échange des projets de développement d’intérêt commun, comme le financement de la construction de routes, d’écoles ou encore de centres de Santé », a-t-il ajouté.

On rappelle que le dernier rapport de l’ex-Secrétaire général de l’ONU sur l’Opération des Nations unies au Burundi (ONUB), se veut également alarmant sur le grand nombre d’armes légères et de munitions, notamment les grenades, qui circulent encore dans la population et menacent la sécurité du pays.