Burundi : les tortures contre les opposants se multiplient

Les opposants au Président Pierre Nkurunziza sont régulièrement victimes de tortures, a dénoncé ce lundi l’organisation de défense des droits de l’Homme Amnesty International.

Les opposants réels ou supposés au président Pierre Nkurunziza sont couramment victimes de torture au Burundi. Ils sont frappés à coups de barres de fer ou brûlés à l’acide par les forces de sécurité, a dénoncé ce lundi Amnesty International (AI). Selon l’organisation de défense des droits de l’Homme, « l’usage de la torture et autres mauvais traitements contre des membres de l’opposition politique, ou supposés tels, semble se répandre et s’aggraver » depuis l’éclatement de la crise burundaise en avril dernier, suite au mouvement de contestation contre un troisième mandat du Président Nkurunziza.

Amnesty International a reccueilli de nombreux témoignages dans un rapport intitulé « Dites-moi juste ce que je dois avouer », tant la police que le Service national de Renseignement (SNR) multiplient les tortures, selon l’organisation de défense des droits de l’Homme. D’après plusieurs ONG, les détenus sont frappés avec des câbles électriques, matraques, barres de fer, violemment piétinés, menacés de mort ou font l’objet de simulacre d’exécution. « Ils ont pris un bidon de cinq litres rempli de sable et l’ont attaché à mes testicules. Ils l’ont laissé comme ça pendant une heure, je me suis évanouI », a raconté une victime à Amnestu International, « puis quand je suis revenu à moi, ils m’ont fait asseoir dans une flaque d’acide de batterie .»

Amnesty International dénonce aussi les arrestations arbitraires et mises en détention de ceux qui sont considérés comme des opposants au pouvoir. Sans compter les absence d’avocats, de médecins et visite de leurs proches. Le rapport de l’ONG a aussi pris en compte le témoignage du journaliste burundais Esdras Ndikumana, 54 ans, correspondant de l’AFP et de Radio France Internationale (RFI). Interpellé le 2 août par le SNR, il avait été violemment battu durant deux heures. Plusieurs témoins ont aussi raconté avoir été contraint de faire des aveux sous la menace, selon l’ONG : « Ils m’ont dit, si tu n’avoues pas, on va te tuer, mais j’ai répondu comment avouer puisque je ne sais rien, dites mois juste ce que je dois avouer ».

Une situation qui montre le climat de tension qui règne actuellement au Burundi. De nombreux experts craignent même que le pays bascule dans une nouvelle guerre civile. D’autant que l’investiture du Président burundais Pierre Nkurunziza, dont le maintien au pouvoir est toujours contesté, a été vivement critiqué. Il a en effet prêté serment, jeudi dernier, sans la présence d’aucun chef d’Etat, dans un pays émaillé de violences. Les Etats-Unis ou encore l’ONU n’ont pas manqué de pointer du doigt le chef d’Etat burundais, qui dirige un pays très fragilisé par l’escalade de la violence.