Burundi : les autorités dénoncent « des pressions diplomatiques »

Au Burundi, alors que la contestation visant à barrer la route au Président Pierre Nkurunziza pour un 3e mandat a fini par faire tomber une vague de sanctions de la communauté internationale, les autorités évoquent et condamnent des pressions diplomatiques qui tendent à « dénigrer les institutions ».

« Le gouvernement du Burundi est (…) profondément préoccupé par l’activité diplomatique en cours qui tend à saper et -dans une large mesure- à dénigrer les institutions républicaines et constitutionnelles du pays (…). Certaines questions qui touchent à la souveraineté, à la constitutionnalité et à la primauté du droit qui régit la République de Burundi ne peuvent être sujet à débat », a déclaré Philippe Nzobonariba, porte-parole du gouvernement, à la radio nationale.

Cette sortie a été effectuée après un mois de manifestations de protestation qui ont engendré des violences à Bujumbura, suite à la candidature du Président Pierre Nkurunziza à la Présidentielle du 26 juin. Il est à la tête du pays depuis 2005.

Par ailleurs, le gouvernement burundais dit « apprécier les conseils de tous ceux qui sont préoccupés par la situation », mais avertit qu’il « ne négociera ni discutera des questions qui tendent à saper ses institutions », a insisté M. Nzobonariba. Aussi, estime-t-il que « certaines délégations d’envoyés spéciaux et des comités d’éminentes personnalités dépêchées par la communauté internationale pour aider à trouver des solutions à la crise actuelle débarquent au Burundi avec des idées et des recommandations préconçues sans se donner la peine de vérifier les faits sur le terrain ».

Philippe Nzobonariba a, en outre, dénoncé, sans donner des détails, des « rapports (…) publiés pour diaboliser le gouvernement du Burundi » et montré du doigt les médias étrangers et des « agents étrangers qui encouragent et soutiennent ouvertement les rumeurs accompagnées de manifestations violentes dans quelques quartiers de la capitale burundaise, provoquant ainsi un exode de réfugiés dan les pays voisins ». Et M. Nzobonariba d’indiquer que « le gouvernement réaffirme que les faits sur le terrain contredisent ces rapports ».

A l’initiative des dirigeants des pays membres de la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC), un second sommet est prévu, dimanche prochain, en Tanzanie, il sera consacré à la crise burundaise, a-t-on appris mardi, des sources proches de l’institution sous-régionale.