Burundi : le régime Ndayishimiye digère mal le renouvellement des sanctions contre deux responsables de la police

Albert Shingiro, ministre burundais des Relations extérieures

L’Union Européenne (UE) est appelée au respect des règles relatives à la souveraineté de chaque Etat. Cet appel est du régime burundais après le renouvellement des sanctions contre deux hauts responsables policiers, Gervais Ndirakobuca et Godefroid Bizimana.

Le gouvernement burundais digère mal le renouvellement par l’Union Eeuropéenne(UE) des sanctions contre Gervais Ndirakobuca et Godefroid Bizimana, deux hauts responsables policiers et proches du chef de l’Etat Evariste Ndayishimiye. Dans une communication lors la présentation de son bilan trimestriel, à la fin du mois de septembre, le ministre des Relations extérieures, Albert Shingiro, a affiché la position du régime en place sur cette question qui fait couler encre et salive. Pour lui, si l’Union Européenne revient sur sa décision, « le Burundi est prêt à l’accueillir de la même manière qu’il le faisait avant la prise des sanctions ». Des propos qui laissent planer un doute sur le processus du renforcement des liens entre le nouveau régime et l’UE.

Un renouvellement qui ne fait pas peur au régime en place

En effet, ce renouvellement des sanctions contre  Gervais Ndirakobuca et Godefroid Bizimana  est loin de faire trembler le nouveau gouvernement, qui mise sur les pourparlers avec l’Union Européenne. A en croire Albert Shingiro, « nous nous assiérons sur une même table pour discuter et voir si les sanctions peuvent être levées le plus tôt possible », ajoutant que « l’Union Européenne doit respecter les règles relatives à la souveraineté du pays ».

Notons que ce renouvellement des sanctions contre les deux responsables policiers intervient après la publication du rapport de la Commission d’enquêtes des Nations Unies sur le Burundi qui a peint un tableau sombre sur le plan du respect des droits de l’Homme, trois mois après l’investiture du nouveau Président.

Pour rappel, en 2015, l’Union Européenne avait pris des sanctions contre Godefroid Bizimana,  directeur général adjoint de la police nationale, Gervais Ndirakobuca, alors Chef de cabinet de l’administration présidentielle chargé de la police nationale, Mathias-Joseph Niyonzima, agent des services des renseignements et le général Léonard Ngendakumana. Quatre hauts responsables  impliqués dans la répression des manifestations contre le troisième mandat de feu Pierre Nkuzunziza.