Burundi : la tentative de coup d’Etat a-t-elle desservi la contestation ?

Après la tentative de coup d’Etat au Burundi, mercredi dernier, et le retour au pays du Président président Pierre Nkurunziza, de nouvelles manifestations sont prévues, ce lundi, contre la candidature du chef de l’Etat à un troisième mandat. Cette journée sera un baromètre qui permettra de mesurer la contestation.

Des mouvements de protestation sont prévus, ce lundi 18 mai 2015, dans la capitale burundaise, Bujumbura, pour s’opposer à un troisième mandat du Président Pierre Nkurunziza à la tête du pays. Cette journée apparaît comme un test pour les mécontents qui permettra de juger de la vigueur ou de l’essoufflement de la protestation après l’échec du coup d’Etat de mercredi dernier.

Les manifestants considérés comme des putschistes

Ce dimanche, le Président est réapparu en public pour la première fois depuis l’échec du coup d’Etat de mercredi dernier, jour où les manifestants avaient pu protester jusqu’à la place de l’Indépendance, dans le centre de Bujumbura. Depuis le début de la contestation, la zone leur est interdite par les forces de l’ordre qui n’ont pas hésité à user de violence contre les protestataires.

Le maire de Bujumbura, Saïdi Juma, a clairement indiqué à la télévision nationale, dimanche soir, que désormais, les manifestants seront considérés comme des putschistes et que les policiers avaient ordre de les considérer comme tels.

Quelle attitude pour les militaires ?

Le général Godefroid Nyombaré, ancien proche du chef de l’Etat, à l’initiative du coup d’Etat avorté est toujours en fuite. Des dizaines de militaires putschistes ont été arrêtés et se sont rendus aux autorités.

L’attitude des militaires sera largement observée par les contestataires. Alors qu’ils se sont largement interposés entre policiers et manifestants, depuis le début de la contestation, pour éviter les dérapages, ils ont été une majorité à s’opposer au coup d’Etat et à soutenir le pouvoir en place de Pierre Nkurunziza.