Burundi : la fuite en avant des extrémistes

Les petits partis extrémistes tutsis refusent de cautionner l’accord de paix signé sous les auspices de Nelson Mandela. Colère de l’ancien président d’Afrique du Sud.

« Ce sont les plus petits partis qui sabotent l’accord ». Nelson Mandela, le médiateur sud-africain dans les pourparlers de paix d’Arusha qui ont abouti, lundi, a un fragile accord mettant, en théorie, fin à la guerre civile au Burundi, n’a pu cacher sa colère face aux partis tutsis qui ont refusé de l’avaliser.

Après plus de deux ans de tractations émaillées par des violences destinées vraisemblablement à faire capoter le processus, 13 des 19 partis impliqués ont finalement accepté de signer le traité de paix. Parmi les signataires figurent le gouvernement du président Buyoya, l’Assemblée nationale, ainsi que les principaux partis des deux ethnies tutsie et hutue.

Clinton, Mandela, même combat

Profitant de la présence d’une délégation étrangère d’une vingtaine de chefs d’Etat et de gouvernement africains ainsi que de la présence du président Clinton, M Mandela a finalement persuadé quatre partis sur dix réticents de la minorité tutsie, d’apposer leurs précieuses signatures. Les principales organisations de guérilla hutues, quant à elles, si elles soutiennent les objectifs du texte se refusent toujours à rallier le cessez le feu.

L’application de l’accord d’Arusha mettrait un terme à une tuerie qui a fait 200 000 morts depuis 1993. Le projet prévoit que les Tutsis qui représentent seulement 20% des sept millions de Burundais, mais contrôlent la quasi-totalité des sphères économiques et politiques du pays, remettent le pouvoir à un gouvernement démocratiquement élu.

Nelson Mandela a eu beau arguer qu’une solution démocratique constitue le meilleur rempart contre une domination des Hutus sur la société burundaise, les opposants au processus se sont montrés intraitables. Des combats ont d’ailleurs éclaté à l’annonce de la signature aux alentours de Bujumbura, la capitale.