Burundi : l’opposition dénonce une vague d’arrestation et la mort d’un opposant en prison

L'opposant burundais, Agathon Rwasa

A quelques jours des prochaines élections au Burundi, la justice lance une véritable chasse à l’homme et arrête plusieurs leaders de l’opposition. Un fait contre lequel s’insurge le CNL, un parti politique de l’opposition, avec son leader Agathon Rwasa. Plusieurs responsables locaux du CNL ont été interpellés, jeudi dernier, dans la province de Bujumbura, et l’un d’eux aurait trouvé la mort dans sa cellule, selon les informations relayées par le porte-parole du parti.

Plus de 20 personnes ont été arrêtées, la semaine dernière, dans les communes de Mubimbi et Isale et subiraient de mauvais traitements. L’une d’elles, Félix Ndikuriyo, a perdu la vie au lendemain de son interpellation. Il a été arrêté le 20 février par la police et le 21, c’est sa dépouille qui a été retrouvée. Les circonstances et raisons de sa mort ne sont toujours pas connues.

Le porte-parole du parti d’opposition dénonce une manigance du pouvoir en place pour intimider les opposants à l’approche des élections prochaines. Il affirme d’ailleurs qu’à l’heure actuelle, plus de 200 acteurs politiques ont été arrêtés dans le pays et croupissent en prison. Six militants auraient été assassinés et d’autres subiraient des traitements inhumains et dégradants dans les lieux de détention ; des informations confirmées par les médias et la société civile.

La défense du gouvernement

Alors que certains responsables du CNL pensent que Félix Ndikuriyo a été battu à mort, Léonidas Ntirandekura, un représentant du gouvernement, affirme qu’il est mort suite à une maladie qu’il n’a toutefois pas précisé. Il réfute aussi la thèse des arrestations arbitraires avancée par les opposants et affirme que les mis en cause ont été interpellées parce qu’elles ont violé la loi et qu’aucune raison politique ne motive ces arrestations.

Selon le porte-parole du CNL, le gouvernement aurait essayé de cacher la nouvelle du décès de Félix Ndikuriyo en organisant son inhumation en catimini, en l’absence de sa famille et de ses proches à qui l’administration aurait interdit tout accès à la dépouille.