Burundi : l’opposant Patrice Gahungu abattu à Bujumbura

L’opposant Patrice Gahungu, porte-parole de l’Union pour la paix et la démocratie (UPD), a été assassiné par balles lundi soir, à Bujumbura, alors qu’il rentrait chez lui.

La situation va de mal en pis au Burundi. L’opposant Patrice Gahungu, porte-parole de l’Union pour la paix et la démocratie (UPD), a été abattu par balles lundi soir à Bujumbura, la capitale burundaise, alors qu’il rentrait chez lui. Il a été assassiné par des hommes armés encore non identifié. Les tueurs utilisent visiblement les mêmes procédés depuis que les assassinats de responsables politiques se sont multipliés, suite à réélection à un troisième mandat du Président Pierre Nkurunziza. En moins de deux mois en effet, il s’agit du quatrième assassinat ciblé d’un membre de l’opposition au Burundi.

L’épouse de Patrice Gahungu, Clémence Nsabiyimbona, qui s’est adressée à la presse locale, a affirmé que son mari « recevait depuis peu des menaces à travers des appels anonymes. Il se savait poursuivi et disait qu’il pourrait bientôt mourir », précisant qu’aucun objet n’a été dérobé dans la voiture. Pour de nombreux responsables de l’opposition, le pouvoir serait derrière cet assassinat pour faire taire tous les opposants qui ont osé contester sa légitimité au pouvoir. L’UPD, parti de Patrice Gahungu, s’était également vivement mobilisé lors de la contestation contre le chef de l’Etat Pierre Nkurunziza.

Le Burundi est plongé dans la violence depuis avril dernier lorsque le Président Pierre Nkurunziza a annoncé son intention de se présenter pour un troisième mandat. Le pays avait alors connu une vague de manifestations à l’encontre du chef de l’Etat. Ce dernier a même échappé à un coup d’Etat avant finalement de remporter à nouveau l’élection présidentielle en grande partie boycotté par les partis d’oppositions. Depuis le climat dans le pays est toujours aussi tendu.

A l’international, la situation du Burundi inquiète. De nombreux observateurs craignent que le pays replonge dans une meurtrière guerre civile. Washington ainsi que l’ONU qui suivent la situation de très près ont effectué des appels au calme à de nombreuses reprises. En vain.

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