Assassinat du colonel Jean Bikomagu : la situation dégénère au Burundi

La situation va de mal en pis au Burundi où le colonel Jean Bikomagu, figure des ex-forces armées burundaises, a été assassiné à la mi-journée samedi par des inconnus armés dans le quartier de Kabondo, dans le sud du pays.

Le Burundi vit dans une véritable tourmente. Et ce n’est pas l’assassinat du colonel Jean Bikomagu à la mi-journée par des inconnus alors qu’il rentrait à son domicile dans le quartier de Kabondo, dans le sud, qui va arranger la situation. Les assaillants ont ouvert le feu sur sa voiture, devant le portail de la maison, avant de prendre la suite. Sa fille aussi a été grièvement blessée.

La mort du colonel Bikomagu, une figure des ex-Forces armées burundaises (FAB) pendant la guerre civile entre l’armée dominée par la minorité tutsi et des rébellions hutu, intervient une douzaine de jours après l’assassinat d’un cacique du régime et homme fort de l’appareil sécuritaire, le général Adolphe Nshimirimana. Considéré comme le bras-droit du Président Pierre Nkurunziza, il était l’une des personnalités clés de l’ancienne rébellion hutu CNDD-FDD aujourd’hui au pouvoir. Il avait été tué dans une attaque à la roquette dans un quartier nord de la capitale, faisant craindre de sanglantes représailles du camp présidentiel.

Le lendemain, de la mort de ce dernier, le célèbre défenseur burundais des droits de l’homme, Pierre-Claver Mbonimpa, qui avait plusieurs fois accusé publiquement le général Nshimirimana d’avoir exécuté des opposants, avait été blessé dans une tentative d’assassinat. Après avoir été invité, il a depuis quitté le Burundi pour se faire soigner à Bruxelles.

Le Burundi est plongée dans une grave crise politique depuis l’annonce du Président Pierre Nkurunziza de briguer un troisième mandat. Une candidtaure contestée par l’opposition et la société civile. Finalement réélu après une présidentielle contestée par l’opposition qui n’y a pas pris part. Mais depuis sa réélection, les assassinats se sont multipliés dans le pays, où une grande partie de la population n’a pas digéré que le chef d’Etat se soit maintenu au pouvoir. De nombreux observateurs craignent une guerre civile au Burundi, tant la situation est tendue.