Burundi en guerre

Est-ce les derniers soubresauts des rebelles ou, au contraire, le début d’une guerre totale au Burundi ? Les derniers actes de la rébellion hutue ressemblent étrangement à ceux des combattants du RUF à la Sierra Leone. Les rebelles hutus des Forces pour la Défense de la Démocratie (FDD) ont kidnappé en une semaine près de 300 collégiens. Si les premiers élèves ont été relâchés, après avoir servi pour transporter le butin de guerre des rebelles, on est sans nouvelles des autres. Selon diverses sources, ces élèves peuvent être enrôlés de force par les rebelles en mal de chair à canon.

Cynisme. Le porte-parole des FDD justifie ce rapt par la volonté de son parti d’éviter aux élèves d’être massacrés par les forces gouvernementales. Refusant de signer les accords d’Arusha puis de siéger dans le gouvernement de transition, répartissant équitablement les portefeuilles entre Tutsis et Hutus, installées le premier novembre dernier, les FDD multiplient les actions d’éclat et le recours aux armes. Une façon de signaler que la paix passera nécessairement par eux.

Mandela. L’ancien prix Nobel de la paix, Nelson Mandela, négociateur des accords d’Arusha, a toujours laissé la place aux rebelles dans les discussions. Ces derniers ont préféré boycotter le dialogue. Pour eux, les Hutus conservent encore trop d’influence au Burundi. Cette rigidité a amené Bujumbura à se passer d’eux pour la formation du gouvernement de transition.

250 000 morts. La guerre civile a fait plus de 250 000 morts en huit ans. Plus d’un million de Burundais sont devenus des réfugiés dans leur propre pays, fuyant les combats. Le président Pierre Buyoya sait qu’il joue sa dernière chance. Soit il arrive à ramener la paix, soit son pays sombre définitivement dans la guerre.