Burundi : des organisations de la Société civile dénoncent les cas de violation des droits de l’Homme

Évariste Ndayishimiye; président du Burundi

Près de deux mois après l’investiture du Président burundais, Évariste Ndahishimiye, l’espoir du changement semble perdu. Désormais, des voix se lèvent pour dénoncer les cas de violation des droits de l’Homme, demandant également l’implication de l’Organisation des Nations Unies.

La situation s’aggrave au Burundi. 80 personnes tuées, tel est le bilan dressé par 40 organisations de la Société civile de ce pays, près de deux mois après l’investiture du Président Evariste Ndahishimiye au pouvoir. Dans une lettre adressée au Conseil des droits de l’Homme de l’Organisation des Nations Unies, ces organisation plaident pour l’implication de cette institution, par le renouvellement du mandant des enquêteurs de l’ONU au Burundi.

Ces organisations de la Société civile accusent le régime en place, par le biais des forces de sécurité, de meurtre, d’arrestation et détention arbitraire des prisonniers d’opinions, dont les journalistes et des opposants. Selon elles, le renouvellement du mandat de ces enquêteurs au Burundi permettra d’établir les responsabilités dans les cas de violation des droits de l’Homme dans ce pays.

« En moins de deux mois, nous avons déjà documenté plus de 80 personnes tuées. C’est très alarmant alors que le nouveau régime devrait briller par sa volonté de respect des droits de l’Homme. Cette commission de l’ONU est le seul mécanisme indépendant ayant pour mandat de documenter les violations des droits humains, y compris sur leur étendue et sur le point de savoir si elles constituent des crimes de droit international. Elle est par ailleurs le seul organe doté de ressources et d’expérience suffisantes pour le faire », a déclaré Anschaire Nikoyagize, président de la Ligue Iteka, un des signataires de la lettre lors d’un échange avec nos confrères de SOS Médias Burundi.

Dans son discours lors de son investiture, le chef de l’État burundais a promu ise placer le respect des droits de l’Homme parmi ses priorités. Près de deux mois après, des organisations dénoncent la montée de la violation des droits de l’Homme. Le 10 août dernier, trois personnes ont été condamnées, à Kayanza, dans la partie Nord, à 30 ans de réclusion pour « attentat et complot contre le chef de l’État ».

Pour rappel, la dénonciation de ces 40 organisations de la Société civile intervient après l’alerte de Human Rights Watch, appelant Évariste Ndahishimiye à prendre des mesures concrètes et urgentes pour « protéger pleinement les droits de chacun à la liberté d’expression, d’assemblée et d’association ».