Burundi : bouffée d’oxygène inespérée pour les médias

Les responsables des médias burundais ont été nombreux à saluer chaleureusement, mardi, la décision présidentielle d’effacer l’ensemble des dettes des radios publiques et privées envers l’Etat pour un montant global de près de 300 millions de Francs burundais (environ 300.000 dollars US).

Dans son message de Nouvel An, délivré dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier, le président Pierre Nkurunziza a annoncé de nombreuses mesures socioéconomiques parmi lesquelles la détaxation du matériel informatique et la suppression des dettes des médias envers l’Etat.

La Radiotélévision nationale du Burundi (RTNB, publique) croulait sous le poids d’une dette de plus de 120 millions de FB (près de 120.000 dollars), a notamment indiqué le chef de l’Etat.Sept autres radios privées non commerciales totalisaient une dette de plus de 166 millions de FB (environ 166.000 dollars).

Ces radios privées ne reçoivent plus comme avant les subsides d’Organisations non-gouvernementales étrangères oeuvrant dans les domaines de la réconciliation et du rétablissement de la paix maintenant que la guerre tend à prendre fin dans le pays.

Le matériel informatique et les téléphones mobiles détaxés

La mesure présidentielle est par ailleurs assortie d’une mise en garde sévère aux radios qui ne pourront plus continuer à émettre librement avec des dettes colossales envers l’Etat.

Le président de l’Association burundaise des journalistes (ABJ), Franck Kaze, a loué cette bouffée d’oxygène, tout en estimant que le plus grand cadeau que le chef de l’Etat pouvait offrir aux médias était avant tout la libération de trois journalistes de radios privées en prison depuis bientôt deux mois pour délits de presse « mineurs ».

Dans le domaine des Nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC), le président Nkurunziza a en outre décidé de la détaxation du matériel informatique et des téléphones mobiles importés. Les deux principaux fournisseurs de services Internet ont également bénéficié de la remise de l’ensemble de leurs redevances envers l’Etat.

Le Centre burundais de l’Internet (CBINET) devait 107 millions de FB (près de 107.000 dollars) à l’Etat et USAN (United States African Network) a été acquitté d’une dette de l’ordre de 103 millions de FB (environ 103.000 dollars).