Burundi : après le putsch raté, Nkurunziza fait le grand ménage

Après l’échec du coup d’Etat à son encontre, le Président Pierre Nkurunziza a procédé, ce lundi, à un remaniement du gouvernement, limogeant les ministres de la Défense, des Affaires étrangères et du Commerce.

Après l’échec du coup d’Etat à son encontre, le riposte de Pierre Nkurunziza ne s’est pas fait attendre. Il a procédé, ce lundi 18 mai 2015, à un remaniement du gouvernement, limogeant les ministres de la Défense et des Affaires étrangères et du Commerce.

Des limogeages qui ont été effectués sans aucune justification. « Le président de la République a des pouvoirs que lui confère la Constitution, notamment de pouvoir changer l’équipe gouvernementale. Il estime que le moment est venu et que c’est un pouvoir discrétionnaire », a simplement affirmé le porte-parole.

« Le ministre de la Défense Pontien Gaciyubwenge est remplacé par Emmanuel Ntahonvukiye, un civil », a annoncé le porte-parole de la Présidence, Gervais Abayeho. C’est la première fois d’ailleurs, depuis près de 50 ans, qu’un civil occupe ce poste-clé au Burundi. Emmanuel Ntahonvukiye est un ancien magistrat qui a dirigé la Cour anti-corruption, et il est apolitique, selon la Présidence.

Au ministère des Relations extérieures, Alain Aimé Nyamitwe, jusqu’ici ambassadeur du Burundi auprès de l’Union Africaine (UA), succède à Laurent Kavakure. La ministre du Commerce, Virginie Ciza, est elle aussi remplacée, par une femme, Irina Inantore.

Ce lundi, quelques centaines de manifestants sont descendus dans la rue, sans faire de dégâts. Ils faisaient face à l’armée, pour une première fois lourdement armée, notamment de lance-roquettes. Les bras levés, les manifestations scandaient des slogans hostiles à Pierre Nkurunziza.