Burkina : micro-entreprises, macro perspectives

Le Burkina recentre sa politique de développement des campagnes. Loin du tout-agricole, le pays vient d’inaugurer son  » Projet d’appui aux micro-entreprises rurales « . Interview de Guy Raoul Sanon, coordinateur national du programme.

Depuis son indépendance en 1960, le Burkina Faso a uniquement misé sur le secteur agricole pour assurer le développement rural dans le pays. Quarante ans plus tard, un audit sur la micro-entreprise et l’artisanat rural émanant du Fonds international pour le développement agricole (Fida) et commandité par le gouvernement burkinabé révèle l’inefficacité d’une telle politique. Prenant acte des conclusions et des recommandations de l’étude, les autorités nationales changent leur fusil d’épaule et mettent en place un Programme d’appui aux micro-entreprises rurales non agricoles (Pamer pamer@cenatrin.bf) dont le lancement officiel est intervenu le 5 juin dernier à Bobo Dioulasso. Guy Raoul Sanon, coordinateur national du programme, revient sur les objectifs et l’organisation du projet.

Afrik : Quels sont les objectifs du Pamer ?

Guy Raoul Sanon : Le Pamer a pour objectif général d’accroître et de diversifier les revenus des populations rurales grâce à la promotion des micro-entreprises non agricoles. Viennent ensuite quatre objectifs intermédiaires : la mise en place d’un mécanisme décentralisé en charge de la promotion et du développement de la micro-entreprise rurale, la création de nouveaux emplois en milieu rural, l’augmentation de l’offre de biens et services dans l’économie rurale et la diminution de la migration, surtout des jeunes, vers les zones urbaines.

Afrik : Comment est organisé le programme ?

Guy Raoul Sanon : Il est installé dans les directions régionales de Bobo Dioulasso et de Tenkodogo où nous avons une antenne locale autonome. Huit provinces sont concernées. Il s’agit là d’une phase pilote de trois ans, avant que nous investissions les six provinces de la boucle de Mouhoun. Chaque antenne dispose d’un chef d’antenne, d’un cadre commercial – chargé de travailler sur les aspects organisationnels de l’entreprise et sur le positionnement sur le marché des produits proposés – et d’un technologue qui établit un diagnostic de tout le processus de production afin d’améliorer la qualité des produits.

Nous avons placé un guichet d’information dans les grands marchés ruraux des départements. Il est géré par un animateur qui présente le Pamer et apporte des conseils de gestion en entreprise. Il oriente ensuite les personnes vers l’une de nos antennes régionales.

Sur place encore, nous disposons de dix rédacteurs locaux par province, quatre-vingt en tout. Il s’agit de jeunes gens ayant le niveau bac qui assistent les personnes intéressées dans l’élaboration des dossiers de financement.

Afrik : Quels sont les différents partenaires du programme ?.

Guy Raoul Sanon : Notre premier partenaire est le Fida avec lequel nous avons signé un accord de prêt de 5,5 milliards de FCFA, soient 55 millions de FF (le coût du projet global s’élève à 7 milliards de FCFA, 70 millions de FF, ndlr). Nous travaillons également de concert avec la Banque ouest africaine de développement (BOAD) et le réseau des Caisses populaires du Burkina, chargé de la mise en place des services financiers et de la facilitation de l’accès aux crédits. Nous faisons appel à des compétences externes en contractualisant un certain nombre de nos activités, telles que la formation, l’animation ou la recherche et développement, avec des structures qui ont déjà prouvé leur savoir-faire en la matière.