Burkina : le général Diendéré appelle l’ex-RSP à déposer les armes

Retranché actuellement au camp Naaba Kom, le général Diendéré, auteur du putsch du 17 septembre 2015, a appelé, ce mardi soir, à la Radio Omega, les soldats du Régiment de sécurité de la présidentielle à déposer les armes pour éviter un bain de sang.

La situation est toujours très confuse au Burkina Faso suite au refus de plusieurs éléments du Régiment de la sécurité présidentielle, désormais dissout, de déposer les armes. S’exprimant à la Radio Omega, ce mardi soir, le général Diendéré, à l’origine du putsch du 17 septembre 2015, a appelé les derniers réfractaires du désormais ex-RSP à déposer les armes. « Je demande aux éléments du RSP d’accepter de déposer les armes pour ne pas envenimer la situation. Je suis soucieux de la sécurité du pays, je suis soucieux de la paix dans le pays. Je leur demande de baisser les armes et de revenir au camp ou dans leurs lieux d’affectation. Je demande de déposer les armes pour éviter un bain de sang. (…) Je leur demande de déposer les armes et de s’inscrire au camp 1178 », a-t-il déclaré à Radio Omega.

Et le général Diendéré d’ajouter : « Je comprends leur douleur, leur colère mais en tant qu’officier général, je suis soucieux de la paix dans le pays », confirmant être actuellement à la Caserne Naaba Kom 2. A la question de savoir s’il était à l’initiative du refus du désarment des éléments de l’ex-RSP, il a rétorqué : « Il ne s’agit pas de ma volonté. Ce n’est pas moi qui incite les hommes à ne pas désarmer, je leur ai simplement donné des conseils ».

[L’interview complète du général Gilbert Diendéré à Radio Omega

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« Oui effectivement, il y a quelques élément incontrôlés », a admis le général Diendéré, révélant qu’il ne contrôle plus la situation, car ce sont des « éléments incontrôlés » qui sont actuellement à la manœuvre. « Il y a des éléments incontrôlés qui ont pris des initiatives », dit-il, expliquant que ces militaires sont « en colère » à cause du désarmement, mais surtout de la réaffectation de leurs effectifs. « Ils auraient préféré rester ensemble », selon lui, appelant toutefois chacun à faire preuve de maturité pour préserver la paix dans le pays.

A la question de savoir s’il a recruté des djihadistes pour lui prêter main forte lui et ses hommes, il a réfuté catégoriquement toutes ces accusations : « Je réfute toutes ces allégations concernant le recrutement de djihadistes », soulignant que les pourparlers se poursuivent avec le chef d’état-major et le ministère de la Défense. Il confirme aussi que les affrontements entre l’armée et les éléments de l’ex-RSP ont débuté et que des tirs à l’arme lourde ont débuté dans les environs du camp Naaba Koom. Il confirme également que le commandant Korhogo Aziz et le capitaine Abdoulaye se sont rendus avec quelques centaines d’éléments de l’ex-RSP.

De son côté, l’armée, par la voix d’un porte-parole militaire, le lieutenant Aziz Ouedraogo, au cours d’un point de presse, a annoncé avoir donné « encore une chance aux putschistes retranchés dans une caserne à Ouagadougou de se rendre pour éviter qu’il y ait un affrontement ». Les Burkinabè eux retiennent toujours leur souffle, se demandant quand pourront-ils enfin reprendre le cours de leur vie…