Burkina Faso : Une bavure policière, des habitants en colère

Un homme interpellé car suspecté d’appartenir à un réseau de trafiquants de drogues a été abattu par la gendarmerie dans la nuit du 1er mars à Bindougousso, quartier de l’est de la ville de Bobo-Dioulasso, au Burkina Faso.

Un jeune homme suspecté de faire partie d’un réseau de trafic de drogues, a été abattu par la gendarmerie ce jeudi 1er mars peu après 20 heures alors qu’il venait d’être interpellé. Les forces de l’ordre ont affirmé que ce dernier a tenté de s’enfuir ce qui a conduit les gendarmes à ouvrir le feu. Une des balles est venue se loger dans son crâne, le tuant sur le coup.

La scène s’est produite dans le quartier de Bindougousso, à l’est de Bobo-Dioulasso, la deuxième ville du Burkina Faso, rapporte Xinhua. Alertés, les habitants du quartier se sont immédiatement rendus sur les lieux de la bavure et se sont emparés du cadavre pour le déposer au gouvernorat vers 1 heure du matin. Tous exigeaient la présence du gouverneur afin qu’il constate les faits. En vain. En colère, la population a alors commencé à saccager le poste de police avant d’incendier quatre véhicules dont ceux du gouverneur et de son Secrétaire général. Les forces de l’ordre sont intervenues alors que les assiégeants s’apprêtaient à s’attaquer aux locaux du gouvernorat.

La tension est encore vive, aujourd’hui, dans la ville de Bobo-Dioulasso où les forces de l’ordre campent devant les lieux sensibles tels que le gouvernorat, la mairie, le trésors public et même la gendarmerie. Côté habitants, certains jeunes ont bloqué la circulation au niveau de la station d’essence Shell sur la route de Bindougousso.

Un exemple récurrent

Avec l’aide de l’évêque de Bobo-Dioulasso, de l’imam de la grande mosquée et des chefs coutumiers, les autorités tentent de trouver un moyen pour calmer la situation. Mais rien n’est si simple. Déjà, la semaine dernière, le ministre de la Justice avait perdu son poste pour avoir laissé passer à tabac un automobiliste qui lui aurait manqué de respect sur la route. Au début de la semaine, c’était un militaire qui tirait sur un gérant de bar dans un maquis de Zogona, à Ouagadougou.

Le porte-parole du gouvernement, par ailleurs ministre de la Communication, s’est engagé jeudi 1er mars à tout mettre en œuvre pour élucider cette affaire pour que le gouvernement prenne ses responsabilités éventuelles.

Alors que la famille du défunt et les habitants de la ville attendent de plus amples informations à ce sujet, le corps de la victime a été transporté à la morgue du Centre hospitalier universitaire Sanou Souro et sera prochainement inhumé.

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