Burkina Faso : nouvelle suspension de France 24, la pression s’accentue sur les médias étrangers


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Le Burkina Faso durcit progressivement le ton face aux médias internationaux avec la nouvelle suspension de France 24. À travers le Conseil supérieur de la communication, le pouvoir justifie cette mesure par des manquements jugés graves dans le traitement de l’actualité sécuritaire.

Le Burkina Faso a décidé de suspendre la diffusion de France 24 sur son territoire. Cette mesure, prise par le Conseil supérieur de la communication, est motivée par des manquements relevés dans le traitement de l’actualité sécuritaire. Elle s’inscrit dans une série de sanctions visant plusieurs médias internationaux déjà interdits ou suspendus ces dernières années dans le pays.

Une politique de sanctions déjà bien installée

Les autorités burkinabè reprochent à France 24 d’avoir diffusé des contenus considérés comme inexacts ou susceptibles de semer la confusion. Selon le régulateur, certains reportages et journaux télévisés auraient comporté des éléments assimilés à de la désinformation, voire à une forme d’apologie indirecte du terrorisme. Le Burkina Faso, confronté à des attaques répétées de groupes armés, cherche à contrôler davantage les récits diffusés dans l’espace public.

Les autorités estiment que certaines analyses extérieures peuvent nuire aux efforts militaires. La suspension de France 24 s’inscrit dans une série de mesures similaires prises ces dernières années. Depuis 2022, plusieurs médias internationaux ont été visés. C’est le cas de Radio France Internationale, suspendue en premier, suivie par LCI et TV5 Monde. Les autorités reprochaient à ces médias un traitement jugé biaisé ou insuffisamment vérifié des informations liées à la situation sécuritaire.

Réduction de l’accès à des sources d’information indépendantes

Ces suspensions répétées suscitent des inquiétudes chez les défenseurs de la liberté de la presse. Plusieurs observateurs dénoncent une réduction progressive de l’accès à des sources d’information indépendantes. Les autorités évoquent une absence de responsabilité journalistique. La situation du Burkina Faso ne peut être dissociée de celle de ses voisins. Notamment le Mali, également confronté à des défis sécuritaires.

Les attaques terroristes récurrentes dans la région du Sahel renforcent la sensibilité autour du traitement médiatique de ces sujets. Avant cette nouvelle mesure visant France 24, le Burkina Faso avait déjà suspendu RFI en 2022. En 2023, LCI avait également été sanctionnée pour des propos jugés alarmistes sur la progression des groupes armés. Diffusé le 25 avril 2023 dans l’émission « 24h Pujadas », le programme incriminé mettait en cause la situation sécuritaire au Burkina Faso.

Interrogations sur les motivations réelles

La journaliste Abnousse Shalmani y évoquait une progression rapide des groupes armés. En outre, il avançait, sans sources précises, des chiffres sur l’occupation du territoire et l’implication des civils dans la lutte antiterroriste. Le régulateur burkinabè avait dénoncé des affirmations jugées infondées et malveillantes. Toutefois, le délai de deux mois entre la diffusion et la sanction soulevait des interrogations sur les motivations réelles de cette décision.

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