Burkina Faso : la mission conjointe CEDEAO-ONU a rendu visite au Président Kaboré


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Le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba et la délégation CEDEAO-ONU
Le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba et la délégation CEDEAO-ONU

La délégation conjointe CEDEAO-ONU a exécuté, ce lundi à Ouagadougou, sa mission qui s’est globalement bien déroulée. Les membres de cette délégation ont d’ailleurs pu rencontrer le Président déchu, Roch Marc Christian Kaboré.

Dans l’après-midi de ce lundi 31 janvier, la délégation conjointe CEDEAO-ONU conduite par la ministre ghanéenne des Affaires étrangères, présidente du conseil des ministres de l’institution sous-régionale, était effectivement présente en terre burkinabè pour une mission d’évaluation de la situation dans le pays, une semaine après le putsch. Aux côtés de la patronne de la diplomatie ghanéenne, il y avait les ministres des Affaires étrangères du Bénin, de la Gambie et du Nigeria, et bien sûr le Représentant spécial du Secrétaire général et Chef du Bureau des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel, Mahamat Saleh Annadif.

En plus des échanges qu’ils ont eus avec des représentants du Mouvement patriotique pour la sauvegarde et la restauration (MPSR), les membres de la délégation conjointe CEDEAO-ONU ont également rencontré le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, chef de la junte. « Il s’agit de voir comment nous pouvons travailler avec le Burkina pour que le pays puisse sortir de cette situation », a déclaré la ministre ghanéenne des Affaires étrangères.
À en croire le chef de la délégation, les échanges se sont déroulés de façon globalement satisfaisante. « Les discussions ont été très franches. Ils (les militaires, ndlr) ont semblé très ouverts aux suggestions et propositions qu’on leur a faites », a rassuré Shirley Ayorkor Botchwey.

Les membres de la délégation ont, par ailleurs, pu rendre visite au Président déchu, Roch Marc Christian Kaboré, toujours gardé par les militaires. « Nous avons vu qu’il est en bonne santé tel qu’il apparaît et on a pu échanger avec lui », a laissé entendre le chef de la délégation. La mission devra fournir aux commanditaires que sont les chefs d’État de la CEDEAO un rapport qui sera examiné lors du sommet qui se tiendra le 3 février, à Accra. En même temps, les dirigeants se pencheront sur le rapport que leur présentera la délégation des militaires présente dans le pays samedi dernier. C’est à ce moment seulement que la décision pourra être prise de sanctionner ou pas le Burkina Faso.

D’ores et déjà, les militaires donnent de bons signaux à la CEDEAO, puisque dans cette même journée du lundi où la délégation était présente sur le territoire, ils ont rétabli la Constitution, conformément à l’exigence de l’organisation sous-régionale lors du sommet du vendredi. En revanche, ils ont confirmé leur mainmise sur le pouvoir d’État.

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