Burkina Faso : «Il y a des questions à se poser sur le partenariat avec la France»

Paul Henri Sandaogo Damiba
Paul Henri Sandaogo Damiba, président de la Transition du Burkina

Le Premier ministre du Burkina Faso, Albert Ouédraogo, a indiqué que le pays se réservait le droit de diversifier ses partenariats. Le chef du gouvernement, qui évoquait le volet sécuritaire, a estimé qu’il y a des questions à se poser sur le partenariat avec la France.

«Je pense qu’effectivement il y a des questions à se poser. On comprend les revendications parce que la France, c’est vrai, c’est le partenaire historique, c’est le premier partenaire, même en termes de chiffres. Mais il faut également dire que l’aide doit aider à assassiner l’aide», a indiqué le locataire de la Primature au pays des hommes intègres. Selon Albert Ouédraogo, «si depuis des années cette coopération n’a pas permis d’assassiner l’aide, il faut se poser des questions».

«Et je suis tout à fait d’accord qu’aujourd’hui, qu’il faut revoir. Nous, en tant que dirigeants, nous ne pouvons pas continuer à rester sourds, à rester insensibles à ces revendications, parce que nous avons des composantes importantes de notre peuple qui le réclament. Donc il faut bien sûr qu’à un moment donné, que nous regardons».

Reconnaissant toutefois qu’il n’y a aucun problème entre les peuples burkinabè et français, en atteste, dit-il, le fait que «nous avons des populations burkinabè qui vivent en France et des citoyens français qui vivent ici», le Premier ministre burkinabè insiste que «le problème se pose en termes de politique et de relations de coopération entre les gouvernements». D’où une nouvelle option de partenariats.

«La diversification des partenariats repose sur plusieurs principes. D’abord le principe de liberté. Pour nous c’est aller vers le partenaire qui nous arrange, quitte à froisser des partenaires historiques. Si certains partenaires ne sont pas contents du fait que nous allons avec d’autres, ça sera à notre corps défendant que nous allions rompre notre partenariat avec eux», a-t-il fait savoir, soulignant : «il faudra que ça soit des partenaires sincères qui veulent effectivement nous aider pour aller dans une logique de partenariat gagnant-gagnant».

Selon le chef du gouvernement, «dans cette logique de partenariat, il n’est pas question pour nous que des troupes étrangères viennent mener le combat que nous menons à l’heure actuelle à la place des forces de défense et de sécurité», ajoutant que «compte tenu de la complexité de la menace, nous avons des partenaires qui sont spécialisés dans les questions de formation, d’autres dans le renseignement, et des équipements, donc il s’agit pour nous d’optimiser les atouts de chaque partenaire».

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