Bruxelles, ma belle

Bruxelles a décidé de juger quatre responsables du génocide rwandais. Qu’ils soient Rwandais n’a pas empêché les autorités belges de leur intenter un procès. La justice belge est indépendante et en donne un merveilleux exemple de ce que doivent faire tous les pays qui abritent les criminels de guerre. La Belgique est le seul pays européen qui accepte de juger les criminels étrangers suite aux plaintes émanant de ressortissants étrangers. En un mot, Bruxelles se donne le droit et le devoir de juger tous les criminels. La raison d’Etat s’arrête au seuil du tribunal. Les magouilles et autres péripéties politiques rocambolesques n’ont pas droit de cité. Si un criminel doit être jugé, il le sera. Qu’il soit simple citoyen ou haut responsable politique. Il y a plein de dirigeants africains qui éviteront la capitale belge. Même pour une escale technique. Quitter le pouvoir sera synonyme pour un dictateur de prendre le chemin le plus court vers la prison. Le président sénégalais Abdoulaye Wade, lui, a décidé d’expulser son hôte indélicat, l’ancien dictateur tchadien Hissène Habré. Il se débarrasse d’un poids encombrant qui ternit l’image du Sénégal. Si le geste du président sénégalais manque d’éclat il n’en demeure pas moins efficace. Car il sait pertinemment que les pays africains ne se bousculeront pas pour accueillir l’ancien maître de N’Djaména. Il en fait un Sans domicile fixe, un errant. C’est tout aussi humiliant qu’un procès. De ces deux méthodes, il est clair que celle retenue par Bruxelles est plus saine. Elle permet à la vérité de sortir, à la justice de se faire. N’empêche, celle de Wade aussi a le mérite de mortifier le dictateur. Et cela fait plaisir !