Bouteflika avec Ahmadinejad sur le nucléaire iranien

Mahmoud Ahmadinejad a eu la confirmation du soutien d’Alger sur le dossier du nucléaire iranien, mardi, à l’issu d’une visite d’Etat de deux jours. Outre les dossiers économiques, il a été question du terrorisme, dont l’Algérie a longtemps été victime via le financement présumé de Téhéran. Abdelaziz Bouteflika en appelle à une « démarche collective et solidaire » pour éradiquer le fléau.

« Nous estimons inadmissible que des pays membres du Traité de non-prolifération des armes nucléaires soient contrariés, en raison d’interprétations unilatérales et sélectives, dans leur droit légitime et conventionnel d’acquérir des technologies nucléaires à des fins strictement pacifiques et de développement ». C’est ce qu’a estimé mardi le président algérien Abdelaziz lors du deuxième et dernier jour de la visite d’Etat de Mahmoud Ahmadinejad en Algérie. Le président iranien a eu la confirmation du soutien du chef de l’Etat algérien sur cette question et a répété que « le peuple iranien ne se laissera pas faire et poursuivra ses efforts pour l’acquisition de l’énergie nucléaire à des fins pacifiques. »

Abdelaziz Bouteflika, considéré par Washington comme « un allié œuvrant pour la paix et les solutions négociées », a assuré son invité que « la crise suscitée par [son] pays devrait trouver un règlement satisfaisant en se fondant sur les ressources de la diplomatie internationale et en tenant compte des droits qui vous sont garantis par le Traité lui-même. »

Le terrorisme : un « phénomène négatif »

L’Algérie et l’Iran ont normalisé leurs relations diplomatiques depuis le début des années 2000 et la visite du président Bouteflika en Iran en octobre 2003. Celles-ci étaient au point mort depuis plus d’une décennie en raison du soutien supposé de Téhéran aux terroristes islamistes algériens. Mardi, lors d’une seconde entrevue entre les deux chefs d’Etat au palais de la présidence, Abdelaziz Bouteflika a estimé que « la prévention et la lutte contre le terrorisme nécessitent (…) à l’évidence une démarche collective, solidaire et opérationnelle…»

Interrogé sur la question du terrorisme international lors d’une conférence de presse à laquelle Abdelaziz Bouteflika n’a pas pris part, Mahmoud Ahmadinejad a qualifié le phénomène de « négatif ». « Ses causes, a-t-il poursuivi, cité par le quotidien Liberté, s’expliquent par le fait que certains États et groupuscules se sont éloignés des valeurs humaines et spirituelles et participent à sa propagation ».

Le président iranien n’en a pas moins développé son point de vu sur la responsabilité des grandes puissances, qui veulent « imposer leur hégémonie au monde pour piller les ressources et protéger leurs intérêts, contribuant ainsi à l’exacerbation du terrorisme ». Principaux visés : Etats-Unis et les « sionistes », accusés de « massacrer des enfants, des femmes et des vieillards en Irak et Jérusalem ».

Après les coréennes, bientôt des voitures iraniennes

Côté affaires, le président iranien, venu offrir un partenariat « à tous les niveaux » à son homologue algérien, est reparti avec des accords de coopération bilatérale portant sur l’habitat, la justice, la culture et les services aériens, selon Liberté. Egalement en projet, indique Le Quotidien d’Oran, des initiatives dans les domaines du montage de véhicules automobiles, des relations bancaires et du secteur des hydrocarbures.

Le président Ahmadinejad, accompagné de Chakib Khelil, ministre algérien des hydrocarbures, lors de sa conférence de presse à la résidence d’Etat de Zéralda, s’est d’ailleurs dit favorable à la création d’une Opep du gaz afin que les pays gaziers « coordonnent leurs efforts et défendent leurs intérêts ».

« Cette visite augure une nouvelle ère de prospérité pour nos deux peuples, a conclu Abdelaziz Bouteflika. Elle porte en elle les prémices d’un partenariat privilégié entre nos deux pays frères, partenariat que nous souhaitons ériger en modèle pour le monde islamique et pour les pays en développement. »

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