Botswana : cherchez la vache

Malgré la qualité de ses viandes bovines, le Botswana perd des clients à l’exportation. Les éleveurs, apparemment, apportent de moins en moins de bétail aux abattoirs.

Martin Mannathoko, vétérinaire et président de la Commission de la viande du Botswana (BMC), ne sait plus comment s’y prendre pour remplir ses abattoirs et ses entrepôts frigorifiques. Son organisation coopérative, dit-il, a eu beau augmenter de 10 % ses prix d’achat aux éleveurs, leur consentir 13 % de bonus et inventer d’autres mesures incitatives : rien n’y fait. Le pays, qui pourrait fournir 400 000 animaux par an aux étals des boucheries, n’en livre désormais plus que la moitié.

Le Botswana est l’un des principaux producteurs africains de viande bovine, avec un cheptel total de trois millions de têtes. La BMC exporte chaque année dans les cinq continents, et en particulier vers l’Union européenne où le boeuf botswanais bénéficie d’un quota annuel d’importation de 19 000 tonnes. Faute de pouvoir fournir ce quota, le pays commence à lasser ses clients, pour lesquels la régularité des approvisionnements est un critère essentiel.

Des infrastructures dépassées

Le Dr Mannathoko concède que les retards de paiement de la BMC ont pu, dans le passé, inciter les éleveurs à plutôt livrer leurs animaux directement aux boucheries. C’est peut-être pour cette raison que les exploitants ont peu à peu réorienté leurs efforts vers d’autres productions plus sûres et diversifié leurs sources de revenu. Le fait est que l’élevage stagne. La clôture des pâturages, par exemple, a pris beaucoup de retard et l’ensemble des infrastructures sont dépassées. Le grand abattoir de Maun, qui avait dû fermer il y a trois à cause d’une épidémie de tuberculose bovine, risque aujourd’hui de ne pas rouvrir, faute de disposer des aménagements nécessaires.