Bosco Ntaganda sème toujours la terreur en RDC

Recherché par l’armée, l’ex-général Bosco Ntaganda, ancien chef du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP), retranché dans le Nord-Kivu, n’a pas cessé de faire parler de lui. Après plusieurs nouvelles accusations de crimes de guerre et crimes contre l’humanité portées contre lui par la Cour pénale internationale (CPI), c’est au tour de l’ONG Human Rights Watch de l’accuser ce mercredi d’organiser des recrutements d’enfants soldats. Le président Joseph Kabila a consulté les députés du Nord-Kivu afin de trouver une solution à la crise.

L’ONG Human Rights Watch a pointé du doigt ce mercredi l’ex-général Bosco Ntaganda, ancien chef du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP). Selon elle, le général mutin a orchestré de nouveaux recrutements et enrôlements de mineurs dans les différents conflits qui sévissent dans l’est du pays, notamment dans le Nord-Kivu. Bosco Ntaganda est aussi activement recherché par les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) qui s’affrontent avec les rebelles du CNDP depuis plusieurs semaines dans le Nord-Kivu.

149 nouveaux jeunes hommes enrôlés par la force

Selon Human Rights Watch, l’ancien chef de guerre aurait précisément intégré par la force 149 jeunes hommes, dont environ le tiers a moins de 18 ans, depuis son retour aux combats le mois dernier. L’ONG a également affirmé que de jeunes hommes en fuite dans le territoire de Masisi, fief de M. Ntaganda, vers la capitale provinciale Goma, suite à l’exacerbation des combats, il y a deux semaines, auraient à plusieurs reprises fait entendre qu’ils partaient de la zone. Ils craignaient manifestement de devoir faire face aux hommes armés qui voulaient les intégrer dans leurs rangs.

L’ONG estime que Bosco Ntaganda par le biais de ses hommes organise des enlèvements de façon assez régulière, jusque dans les écoles. Sa cible de prédilection sont des enfants et des adolescents issus des ethnies tutsie et hutue, souvent contraints de porter des armes et des munitions. Le fait de cibler ces minorités rwandophones dans la région vise, selon Human Rights Watch à « raviver » les tensions tribales dans la région entre ces groupes rwandophones et les autres ethnies locales, même si aucun succès dans cette direction ne semble jusqu’à présent se dessiner.

« Il répondra devant les juridictions congolaises de tous ses actes»

Ces accusations viennent en effet appuyer plusieurs autres déclarations et soupçons formulés, il y a quelques semaines, par les autorités congolaises, à l’encontre de M. Ntaganda. Celles-ci l’avaient déjà tenu pour « responsable » des combats qui se déroulent dans la région du pays depuis fin avril, allant même évoquer la possibilité de l’arrêter. Ainsi avait affirmé sans aucun détour le gouverneur du Nord-Kivu, M. Julien Paluku, que « tout ce qui se passe dans l’Est est sous la responsabilité du général Bosco Ntaganda et il doit être recherché pour cela », avant d’ajouter que si les unités de sécurité mettent la main sur lui, « il répondra devant les juridictions congolaises de tous ses actes».

Depuis 2006, Bosco Ntaganda est également dans le viseur de la Cour pénale internationale (CPI). A cette époque, la CPI avait émis pour la première fois un mandat d’arrêt contre l’ex-dirigeant du CNDP dans le Nord-Kivu. Il avait été accusé d’avoir recruté et utilisé des enfants à des fins politico-militaires. Ce lundi, la CPI a ajouté au dossier de M. Ntaganda sept nouveaux chefs d’accusation.

Kabila prône « une cohabitation pacifique »

Le président de la République, très inquiet de la tournure que prend le conflit et de l’instabilité politique croissante dans la région, a réuni ce matin dans la foulée près d’une quarantaine de députés de la région Nord-Kivu, issus de l’opposition et de la majorité, dans sa résidence privée de Kingakati, rapporte RFI. La réunion qui a duré deux bonnes heures n’a pas été concluante, laissant ainsi une fois de plus une inquiétude planer dans les rangs de la classe politique congolaise.

L’objectif du président Kabila est d’inciter les élus ou leaders de la région à davantage s’investir dans la recherche des possibles solutions au conflit et de prôner le dialoguer pour recréer la confiance qui pourrait amener à une cohabitation pacifique entre les ethnies autochtones et celles du Rwanda.

Les groupes rwandophones, notamment tutsis, de en plus en plus préoccupés par la montée des tensions et des menaces proférées contre eux, avaient récemment vu naitre un mouvement dit « M13 ». Il regroupe des anciens du CNDP sous la direction du colonel Makinga. Cette nouvelle rébellion vise à protéger la minorité tutsie dans la région.