bord de mer

Regarder la mer depuis son bord n’est pas seulement propice aux méditations banales. C’est instructif. Un jour, les flots bleu tendre clapotent doucettement. Le lendemain, des paquets d’eau grise assomment le rivage, s’acharnent à le submerger. Mais du jour au lendemain et aux jours suivants, l’écume que dépose la mer est la même : c’est une mousse blanche et éphémère, une collection de bulles épuisées.

L’écume n’est rien. Mais dans l’actualité, elle est tout : l’écume des jours, n’est-ce-pas ? Car ainsi font les journalistes ; ils regardent depuis le rivage et se concentrent sur l’écume.

Aujourd’hui les flots sont furieux. Au Zimbabwe, l’opposant démocratique Morgan Tsvangirai est en voie d’arrestation. En Côte d’Ivoire, le processus électoral a été saboté. Et l’on se prend à penser que la politique africaine régresse, qu’elle s’enferre dans de vieux démons.

Pourtant au Mali et au Ghana, deux chefs d’Etat arrivés au pouvoir par les armes ont décidé de ne pas briguer un mandat supplémentaire et d’organiser des élections libres. Au Niger et au Soudan, on tourne enfin le dos à des années de guérilla  » ethnique  » meurtrière. Et tout cela s’est produit ces derniers jours.

D’Alger au Cap et de Dakar à Djibouti, le Continent est zébré de situations incertaines, de processus inachevés. Mais l’Afrique veut progresser vers la paix et elle y parvient peu à peu, en combattant la guerre et le sous-développement. Les jours de tempête, c’est cette lame de fond qu’il ne faut pas perdre de vue. Elle est la mer, pas l’écume.