Bons baisers de Kabylie

 » Bons baisers de Kabylie  » est un livre tendre et lucide sur l’Algérie d’aujourd’hui. Soraya, 12 ans, est le guide curieux et émerveillé qu’Achmy Halley a choisi pour faire découvrir la Kabylie aux jeunes lecteurs. Une réussite.

Soraya est de retour. La jeune héroïne d’Achmy Halley, imaginée pour le premier roman jeunesse de l’auteur, L’Oasis d’Aïcha, part à la découverte de ses racines. Des racines plantées dans la terre kabyle, pays natal de mamie Aïcha, grand-mère adorée et morte trop tôt. Soraya se laisse porter par le Danielle Casanova et débarque au port de Béjaïa. Direction le petit village de Sidi Aïssa niché au coeur de la Kabylie. C’est dans la maison blanche aux volets bleus d’oncle Rachid et de tante Djamila que Soraya, 12 ans, découvre l’Algérie.

Elle doit s’habituer au bruit de la mer  » comme une respiration qui fait partie du paysage « , au chant de l’appel à la prière… Elle est venue en vacances avec sa copine Blandine mais en tant qu’envoyée spéciale de son collège, elle tient rigoureusement et sérieusement un journal de bord quotidien. Sa Kabylie a le goût du thé à la menthe, des graines de couscous fraîchement roulées et des terkikines (crêpes à trous), elle a l’odeur des montagne d’oranges dans le souk et des feuilles de figuier… toutes ces sensations bercées par A vava inouva d’Idir.

L’Algérie a mal au coeur

Mais la région, appréhendée par ce regard d’enfant émerveillé, n’est pas qu’idyllique. Soraya se rend compte que sa tante parle du pays la voix triste et cassée. Elle vit son premier barrage de police, entend les adultes qui ne parlent  » que de gens égorgés dans leurs maisons, de manifestations qui finissent dans le sang, du gouvernement qui ne peut rien faire, de la misère qui court les rues… J’ai vraiment l’impression que le pays de mamie Aïcha a mal au coeur « , écrit-elle.

 » J’ai tellement rêvé à l’Algérie quand j’étais petite que le pays que je viens de découvrir a l’air d’être à moitié réel et à moitié imaginaire. (…) Je me demande parfois si l’Algérie que je vais raconter aux élèves du collège n’est pas née dans mon coeur pour remplacer mamie Aïcha qui me manque tellement. Pourquoi les reportages que l’on voit à la télévision montrent-ils seulement des femmes qui pleurent, des barbus inquiétants qui tuent, des soldats qui mitraillent ? Pourquoi les journalistes oublient-ils les chansons de Idir que chantonnent les fillettes en allant à l’école, la sagesse de l’oncle Moussa, la bonne humeur de ma tante, les yeux rieurs de mon petit cousin moqueur ? Eux aussi font partie de l’Algérie du XXIème siècle.  » Soraya, qui voulait devenir journaliste, a tranché : elle sera écrivain. Pour évoquer aussi les belles choses de l’Algérie.

Commander le livre : Bons baisers de Kabylie de Achmy Halley, éditions Syros Jeunesse.