Bongo encore et toujours

Le président gabonais Omar Bongo Ondimba a annoncé samedi 1er octobre à Libreville devant le Forum des jeunes de la majorité présidentielle qu’il « acceptait » de se présenter pour un nouveau septennat. Pas de surprise.

C’est lors du Forum des Jeunes de la Majorité présidentielle qu’Omar Bongo Ondimba a choisi de révéler au monde sa décision d’être candidat pour un nouveau mandat présidentiel de sept ans… Belle mise en scène pour une annonce qui n’aura surpris personne!

Bongo porté par la jeunesse gabonaise!

Après plusieurs heures d’un meeting électoral qui regroupait une quarantaine de mouvements de jeunesse liés aux différents partis de la majorité présidentielle, qui tous proclamaient leur désir de voir le Président actuel se succéder à lui-même, El Hadj Omar Bongo Ondimba leur donna solennellement satisfaction, cédant sans trop de peine apparemment à leur fidèle pression : « Face à toutes ces demandes, face à tout ce que j’ai vu et entendu, je vous dis tout simplement : oui, j’accepte… »

Ce Forum des jeunes intervenait au terme d’une semaine unanime, au cours de laquelle les appels à la candidature Bongo s’étaient multipliés, de la part de nombreuses personnalités issues des rangs du Parti Démocratique Gabonais, formation dont le Président actuel (qu’on hésite à dire « sortant ») fut le fondateur.

Président depuis 38 ans

Arrivé au pouvoir en 1967, après le décès du premier président du Gabon indépendant, Léon Mba, dont il avait été le plus proche collaborateur, successivement directeur de cabinet puis ministre et vice-président, Omar Bongo franchira, s’il est réélu, le cap des quarante ans de pouvoir, rarement atteint par un chef d’Etat, même en Afrique. Il faisait déjà figure « d’ancien » parmi ses pairs africains, et cette image ne fera que s’amplifier.

Pour l’instant, peu de rivaux se sont déclarés pour cette élection présidentielle… Le dernier scrutin du même type, en 1998, s’était soldé par un score impressionnant de 66,88% en faveur d’Omar Bongo. Or depuis cette date, de nombreux opposants historiques se sont ralliés au Président Bongo, affaiblissant régulièrement les rangs de l’opposition.

Peu de rivaux potentiels

Restent deux personnalités fortes : Zacharie Myboto, longtemps puissant baron d’Omar Bongo, qui a créé un parti d’opposition et s’est démarqué nettement du Président au cours des derniers mois, et Pierre Mamboundou, président de l’Union du Peuple gabonais (UPG), qui avait été deuxième lors de l’élection de 1998 avec 16,54% des suffrages exprimés.

La campagne devrait être courte, avec une élection à un seul tour dont la date n’a pas encore été fixée, mais qui devrait être organisée fin novembre ou au plus tard début décembre. La seule chance de l’opposition tiendrait au choix d’une candidature unique, qui rallierait l’ensemble des mécontents… Mais cette hypothèse ne semble pas, pour l’heure, devoir se réaliser.

Si la candidature annoncée le 1er octobre par Omar Bongo n’était pas une surprise, la plupart des observateurs n’en attendent pas non plus du scrutin qui va suivre…