Bon anniversaire, Bénin !


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Drapeau du Bénin
Drapeau du Bénin

Il y a quarante ans, le 1er août 1960, le Bénin cessait de faire partie de la Communauté française et accédait à l’indépendance.

Le pays, qui devait encore s’appeler Dahomey pendant les quinze années suivantes, a vécu depuis lors un destin contrasté, fait de progrès économique mêlé de démographie galopante, et de périodes démocratiques ponctués par des épisodes de dictature assez longs. Le petit Bénin (111 000 km2) a vu tripler sa population – passant de 2,1 à 6,5 millions d’habitants – en quatre décennies.

On n’y a pas trouvé, comme ailleurs dans le golfe de Guinée, de miraculeuses ressources naturelles et la principale culture de rente est demeurée le coton, que l’on récolte dans les zones enclavées du pays. On nous apprend encore que le croissance honorable de l’économie béninoise (5,7 % en rythme annuel) peine à suivre l’accroissement de la population et que les Béninois, s’ils ont tous de quoi se nourrir la plupart du temps, ont plutôt tendance à s’appauvrir.

Voilà pour les chiffres. Ils ne disent pas tout de ce pays qu’on a appelé « le quartier latin de l’Afrique » en référence au nombre et à la qualité de ses cadres dirigeants, et qui se signale aujourd’hui par la bonne santé de sa démocratie.

Une bonne santé qui peut, il est vrai, surprendre au premier abord. Le chef de l’Etat actuel, Mathieu Kérékou, ne fut-il pas à la tête d’une dictature féroce pendant dix-sept ans, de 1972 à 1989 ?

Il est vrai que c’est le même Kérékou qui, confronté à la faillite brutale de la fin des années 80, a accepté de quitter le pouvoir à l’issue de la Conférence nationale instaurant le multipartisme. La réussite de la transition doit beaucoup au rôle qu’y ont joués des hommes tels que Mgr de Souza, l’archevêque de Cotonou ou Nicéphore Soglo, qui présida le pays de 1991 à 1996.

En cela, ils étaient les dignes héritiers d’Hubert Maga, le premier président du Dahomey indépendant, décédé en mai de cette année. Et l’hommage qui a été rendu, ce printemps, au père de la nation béninoise rend compte, mieux sans doute que les chiffres, de la vraie richesse de cet autre « pays des hommes intègres ».

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