Bob Geldof : Artiste anti-pauvreté

Bob Geldof, artiste engagé depuis une quinzaine d’années pour la lutte contre la pauvreté en Afrique, a participé à l’élaboration du rapport de la Commission pour l’Afrique. Afrik l’a rencontré pour lui parler bien évidemment de culture.

Afrik.com : Dans le rapport de la Commission pour l’Afrique, vous insistez sur l’importance de la culture…

Bob Geldof :
La culture, ce n’est pas seulement la musique ou quelque autre expression artistique. Nous développons des systèmes politiques et économiques qui sont le résultat d’une réflexion intellectuelle. Une réflexion qui est elle-même inspirée par notre culture. L’Afrique développe un cadre socio-politique adapté à ses réalités. Aussi, quand nous imposons notre façon de voir, inspirée d’une culture, à d’autres qui, eux, sont soumis à d’autres influences, ça ne marche pas. Nous le savons et devons, par conséquent, prendre en compte ce paramètre comme cela a été fait dans ce rapport

Afrik.com : Vous allez organiser des concerts simultanés dans les grandes villes des pays développés pour promouvoir les recommandations du rapport de la Commission pour l’Afrique. Un évènement hautement culturel…

Bob Geldof :
Non, encore une fois, c’est politique (sourire) parce que ces concerts sont motivés par des raisons politiques. On utilise juste un aspect de la culture pour mettre l’accent sur un autre.

Afrik.com : Vous pensez pouvoir atteindre ainsi les gens…Car en définitive, ce ne sont pas eux qui vont faire doubler l’aide au développement. A moins de vouloir les convaincre d’être réceptifs à une taxation éventuelle sur leur prochain billet d’avion ?

Bob Geldof :
Les gens sont conscients des maux de notre planète et jouissent du libre arbitre. Evidemment que nous les atteindrons, des milliards de personnes verront ces concerts. C’est un acte politique (sourire).

Afrik.com : Pourquoi Bob Geldof s’engage-t-il autant depuis plus d’une décennie pour l’Afrique ?

Bob Geldof :
Nous avons le pouvoir de changer les choses. Ce n’est pas normal qu’une partie du monde soit laissée dans la pauvreté. Je me serai de toute façon engagé pour lutter contre la pauvreté quelque soit la région du monde concernée. Il se trouve que j’aime l’Afrique. Si le Canada avait été pauvre pour quelque raison que ce soit, j’aurai fait ça pour le Canada.