Béninois et Nigériens cherchent la voie de la paix

Les deux pays tentent de dépasser leurs différents frontaliers en établissant une commission paritaire pour parvenir à un accord. Une initiative qui pourrait faire école, alors que dans la corne de l’Afrique, le tracé des frontières se dessine à l’encre de sang.

Le spectre d’une nouvelle guerre de pauvres, comme l’Afrique en connaît tant, entre le Niger et le Bénin s’éloigne grâce à la bonne volonté des gouvernements de Niamey et Cotonou. A l’origine un différend frontalier du même ordre que celui qui oppose l’Ethiopie à l’Erythrée dans une guerre atroce.

L’île de Lété, un bout de terre de 35 km2, bordé par le fleuve Niger est revendiquée par les deux parties. La souveraineté sur îlot dont la partie sud est inondable une bonne partie de l’année a failli tourner en conflit ouvert en 1983 quand les troupes béninoises et nigériennes se sont fait face de part et d’autre du fleuve et que les autorités des deux pays chassaient les ressortissants de la nation adverse vivant sur leur sol.

Un détachement béninois, venu de Kandi, au Nord du Bénin, aurait tenté d’intimider les populations de Lété, provoquant un branle-bas de combat dans la caserne de Gaya, située à une quarantaine de kilomètres de l’île en territoire nigérien.

En février dernier, Cotonou ordonnait la construction d’un chantier d’infrastructures sur l’île. Immédiatement saisi l’autorité préfectorale nigérienne mit fin  » manu militari  » aux travaux et confisqua les matériaux.

Solution consensuelle

Ce nouveau regain de tension a laissé les deux pays dans la certitude qu’un règlement consensuel de la question frontalière s’imposait au plus vite. Béninois et Nigériens ont en effet mis en place dès 1991, une commission mixte chargée d’étudier le tracé d’une ligne frontière. Les présidents Karakou et Tandja ont donné instructions à leurs ministres de l’intérieur respectifs de réactiver la commission et de se rencontrer début mai. La rencontre a eu lieu le 6 mai sur l’île litigieuse et à Gaya. Il a été décidé de réunir le comité paritaire en juin en vue de procéder à un tracé théorique de la ligne frontière et procéder à une reconnaissance de la zone.

 » A la façon dont les deux chefs d’Etat poussent les ministres de l’intérieur à trouver une solution consensuelle, je crois que Cotonou et Niamey sont sincères dans leur choix d’une issue pacifique « , estime un journaliste de l’agence officielle nigérienne, l’ANP.

Nouvel indice de cette bonne volonté, la signature, aujourd’hui d’un accord pour la conservation et la protection de la faune du  » parc W « , à la frontière entre le Burkina-Faso, le Niger et le Bénin. Cette réserve naturelle ferait bientôt l’objet d’une gestion concertée entre les trois pays.