Bénin : un débat national avant la révision de la Constitution


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Le président béninois Boni Yayi souhaite organiser des consultations populaires avant une éventuelle révision de la Constitution de 1990, suite à l’échec d’une première tentative. Une proposition qui semble apaiser l’opinion publique qui s’interroge encore sur le bien-fondé d’une telle démarche.

(De notre correspondant)

Un débat national pour une adhésion de tous. « J’ai décidé de retirer le projet de loi portant révision de la Constitution béninoise du 11 décembre 1990, en examen au Parlement, pour le soumettre au peuple béninois dans les tous prochains jours, au cours des débats généraux que nous envisageons d’organiser », a déclaré le président béninois Boni Yayi le 28 avril dernier. Le chef de l’Etat béninois faisait cette annonce en marge de la remise du rapport de la Commission nationale Gnonlonfoun, présidée par l’ancien garde des Sceaux Joseph Gnonlonfoun, sur les perspectives de révision de la Loi fondamentale. Cette proposition de Boni Yayi semble apaiser le mécontentement et les appréhensions des Béninois. Elle intervient alors qu’un projet de loi était en cours d’examen au Parlement. L’opposition a même accusé le chef de l’état d’être à l’origine de cette démarche.

Une Constitution plus moderne

Cette annonce sous-entend-t-elle que Boni Yayi accepte de faire marche arrière et admet l’échec de la première tentative ? A ce sujet, le président béninois avait indiqué ne pas comprendre les doutes sur son engagement à ne pas vouloir modifier la Constitution pour se maintenir au pouvoir. « J’ai clamé haut et fort dans plusieurs institutions internationales et devant plusieurs chefs d’Etats africains et américain, que je ne briguerai plus un autre mandat. Par conséquent, je ne vois pas l’utilité de sauter le verrou à certaines dispositions, notamment relatives à la limite d’âge et au nombre de mandat », a-t-il affirmé pour rassurer ses compatriotes.

Les forces vives de la société béninoise veillent au grain pour que ces promesses soient tenues. En effet, la révision de la Constitution du 11 décembre 1990 constitue l’une des préoccupations politiques majeures aujourd’hui au Bénin. La majorité présidentielle, l’opposition et la société civile organisent depuis plusieurs semaines des débats sur l’opportunité ou non de la relecture et d’un changement de la Loi fondamentale.

Cependant, si une révision intervient, la nouvelle Constitution béninoise devrait être résolument moderne. Le projet prévoit la mise en place d’une cour des comptes chargée de vérifier la bonne utilisation des deniers publics, la nomination d’un médiateur de la République et l’instauration d’une Commission électorale nationale autonome (CENA) permanente.

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