Bénin, Togo : « J’en peux plus », les coupures d’électricité font monter la colère


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Bénin, Togo : "J'en peux plus", les coupures d’électricité font monter la colère
Photo illustrative - Délestage

Depuis quelques jours, des coupures de courant qui durent des heures perturbent le quotidien des Béninois et des Togolais, en pleine période de forte chaleur. Face à cette situation, les populations expriment leur ras-le-bol et réclament des explications.

Les longues coupures d’électricité qui affectent actuellement le Bénin et le Togo font monter la colère des populations. Sur les réseaux sociaux, Facebook notamment, beaucoup dénoncent l’absence d’explications précises sur une situation qui rappelle, pour certains, les longues périodes de délestage d’il y a une dizaine d’années au Bénin.

Au Bénin, des coupures à répétition jusque dans la nuit

À Cotonou, plusieurs quartiers sont touchés par des interruptions répétées dans la même journée. À Agla, Alexis raconte avoir subi au moins quatre coupures le lundi 19 octobre. « Dans ma zone à Agla, il y a eu au moins quatre coupures d’électricité dans la même journée », confie-t-il à Afrik.com. Selon lui, la situation est identique à Fidjrossè, où réside un proche.

« Le robinet d’eau est aussi à sec quelques minutes après la coupure d’électricité. C’est très compliqué », ajoute-t-il.

Au-delà des désagréments domestiques, ces interruptions affectent les activités économiques qui dépendent d’une alimentation électrique continue. Les salons de coiffure, ateliers de couture, cybercafés, petits commerces ou encore travailleurs en télétravail qui se plaignent de la situation. « Face à ma connexion internet lente, j’ai souscrit à l’offre de CanalBox la semaine dernière pour pouvoir honorer à bien mes engagements en télétravail. Mais les coupures d’électricité intempestives viennent aggraver ma situation. C’est très agaçant », a déclaré Ambroise H., interrogé à Calavi.

« Je ne suis pas une rebelle, mais là je n’en peux plus… », la chanteuse Sessimè hausse la voix

Plusieurs figures connues du paysage médiatique et culturel béninois ont exprimé leur ras-le-bol. C’est le cas de la chanteuse Sessimè. Dans une publication diffusée le 18 octobre sur Facebook, elle déplore des coupures qui se sont étendues aux nuits après plusieurs jours d’interruptions diurnes.

« Nos appareils électroménagers se gâtent, nos vivres réfrigérés achetés à la sueur de nos fronts se gâtent et nous dormons très mal après des journées de dur labeur », a-t-elle écrit. « S’il y a un souci, expliquez-le-nous tout au moins pour qu’on soit préparés et qu’on prenne des dispositions au lieu de nous soumettre à ce supplice. Je ne suis pas une rebelle, mais là je n’en peux plus… ».

De son côté, Stéphanie Montcho, animatrice de TVC, évoque le retour de souvenirs que beaucoup pensaient appartenir au passé. « Nous ne voulons plus vivre ces cauchemars », écrit-elle, rappelant l’époque où les familles parcouraient les quartiers à la recherche d’une prise électrique pour recharger leurs téléphones. « Plusieurs coupures dans la journée et le soir, à partir de 19 h, il faut toi-même te préparer à ce que l’électricité soit coupée ! Jusqu’à quand ? ».

La SBEE pointe un problème d’approvisionnement depuis le Nigeria

Face à la multiplication des critiques, la Société béninoise d’énergie électrique (SBEE) a publié un communiqué le 19 octobre. L’entreprise explique enregistrer un « effacement de la tension électrique provenant du Nigeria », l’un des principaux fournisseurs du pays au sein du marché électrique ouest-africain.

En attendant un retour à la normale, les capacités nationales de production sont mobilisées pour alimenter les différentes localités, mais visiblement, elles ne suffisent pas à éviter des perturbations dans plusieurs zones. La SBEE a également présenté ses excuses à sa clientèle et assuré que des diligences sont en cours pour rétablir une alimentation normale.

Au Togo, des coupures qui s’étirent pendant des heures

De l’autre côté de la frontière, les habitants de Lomé décrivent une situation tout aussi éprouvante. « Il coupe le courant vers 15 heures et ça revient à 20 heures ou 21 heures. Si la coupure intervient à 18 heures, elle peut durer jusqu’à 23 heures. C’est vraiment gênant », témoigne un habitant de la capitale togolaise, joint par Afrik.com.

La Compagnie énergie électrique du Togo (CEET) a, elle aussi, annoncé des interruptions programmées les 21 et 22 octobre dans plusieurs localités, notamment Afagnan, Tabligbo et leurs environs, afin de permettre des travaux de maintenance sur le réseau. L’entreprise recommande aux usagers de débrancher leurs appareils pendant les coupures afin d’éviter d’éventuels dommages lors du rétablissement du courant.

Des robinets à sec après les coupures

Au Togo, la Société togolaise des eaux (TdE) reconnaît que les délestages récurrents affectent directement la production d’eau potable. À Dapaong et dans les localités voisines, le centre de production de Dalwak fonctionne au ralenti en raison des interruptions électriques, qui perturbent la distribution d’eau.

Une situation similaire est observée dans plusieurs quartiers de Cotonou, où les habitants constatent que les robinets sont souvent à sec quelques minutes après les coupures de courant.

Casimir Vodjo Kpenou
LIRE LA BIO
Vodjo Kpenou Casimir est un journaliste béninois basé à Cotonou, titulaire d'une licence en journalisme de l'Institut Universitaire Panafricain de Porto-Novo (2019). Il a forgé son expérience dans des rédactions web africaines. Engagé dans la lutte contre la désinformation, il est membre actif de l'African Fact-Checking Alliance et contributeur au réseau Wikipédia pour l'Afrique francophone.
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