
Les rideaux sont tombés, ce dimanche 26 juillet 2026, sur le Festival des Masques de Porto-Novo. Pour ce deuxième et dernier jour du festival, la ville-capitale du Bénin a vibré aux couleurs de différents masques. Retour sur ces manifestations. À l’heure où nous mettons sous presse, des milliers de festivaliers ont assisté au géant concert de clôture où se produisaient plusieurs vedettes de la musique béninoise.
La troisième édition du Festival des Masques de Porto-Novo a drainé du monde ce dimanche dans la ville-capitale du Bénin. Plusieurs centaines de festivaliers ont investi les différents lieux retenus pour les spectacles.
Au temple Avessan, était le Gunuko
Dès 10 heures heure locale ce dimanche, la place contiguë au temple du vodun Avessan – la première divinité vodun de ce qui deviendra le royaume de Xogbonu, et dont l’implantation remonte à l’installation des premières populations yoruba à Okoro (actuel quartier Akron à Porto-Novo) – était noire de monde. Et pour cause ! Le masque Gunuko occupait les lieux.

Sous les tentes installées pour la circonstance, des spectateurs assis contemplent les danses envoûtantes en pivot du Gunuko, ce masque dont la sortie n’est pas courante et qui captive l’attention par sa capacité à diminuer ou à augmenter sa taille d’une façon rapide et spectaculaire.

Plusieurs catégories de personnes se sont retrouvées ce dimanche à la place Avessan pour satisfaire leur curiosité et se délecter d’un spectacle qui ne se voit pas tous les jours. De simples curieux aux touristes venus d’Europe ou de l’autre côté de l’Atlantique. Parmi les visiteurs outre-Atlantique, il y a Laure, une Guadeloupéenne venue au Bénin pour la première fois et qui nous a confié quelques mots : « C’est une belle découverte pour moi », a-t-elle immédiatement lancé, avant de poursuivre : « Je suis venue pour un week-end au Bénin. Donc là, je vais visiter aussi Cotonou à côté ».
Puis, elle souligne ses attentes non encore comblées : « Par contre, j’ai regardé des vidéos sur YouTube, comme je ne connaissais pas le Bénin, et je trouve qu’il y a eu beaucoup de changements, il y a des anciens bâtiments que j’aurais aimé visiter, mais je ne les trouve pas. Donc je ne sais pas ce qui s’est passé ». Après cette parenthèse, elle revient au sujet du jour, le Festival des Masques : « Mais après, je trouve que ce qui se passe actuellement est super bien, par rapport à la culture africaine ; je suis très enchantée de découvrir tout ça, c’est original. C’est un cadre que je trouve très très intéressant de visiter. Et je suis contente de visiter le Bénin, je trouve que c’est très enraciné, c’est vraiment la culture africaine que je cherche et dont j’aimerais m’imprégner ».
À la place Lokossa, le Zangbéto dicte sa loi pendant que les Egungun égaient le public à la place Migan
À quelques encablures de la place Avessan, à Lokossa, des masques faits de raphia et d’autres matériaux captivent l’attention du public venu nombreux. Créé par les princes adja (Tè Agbanlin, le fondateur de Xogbonu et sa suite) provenant d’Allada, le Zangbéto ou gardien de la nuit avait pour rôle d’assurer la sécurité des populations pendant la nuit dans le royaume de Xogbonu. Il demeure un des marqueurs les plus importants du patrimoine culturel de Xogbonu. Aujourd’hui encore, malgré la disparition du royaume de Xogbonu comme entité politique forte gouvernant la cité, le Zangbéto continue d’égayer les nuits des Porto-Noviens (habitants de Porto-Novo ou Xogbonu) de sa musique particulière et du son singulier émis par le masque lui-même.
Sur la place Lokossa, ce dimanche, Afrik.com s’est rapproché de Léopold, un jeune soudeur originaire du quartier Zèbou, venu suivre le spectacle. « Zangbéto, c’est notre richesse. Je suis très fier d’être là aujourd’hui comme lors des éditions précédentes ». Et d’ajouter : « J’attends le soir pour aller suivre la grande procession des masques sur le boulevard lagunaire ».

Pendant ce temps, à la place Migan au quartier Ouenlinda, les revenants appelés Egungun drapés dans leurs habits chatoyants esquissent des pas de danse au rythme endiablé des tambours dont la résonance ne trompe aucun connaisseur. Là encore, la foule est immense, effervescente, défiant même un soleil qui se faisait de plus en plus ardent, puisque les tentes ne suffisaient plus pour contenir la grande masse des festivaliers. Parmi eux, Caleb, venue tout droit des États-Unis. Sur place, l’Afro-descendante n’a pas caché son admiration : « C’est vraiment magnifique de voir ce mélange entre tradition et modernité, et de voir toute la tradition du vodun s’ouvrir à un nouveau public. Nous sommes allés voir le Guèlèdè. Maintenant, nous sommes là pour les Egungun. C’est vraiment agréable de voir la tradition et aussi comment la communauté la découvre et la comprend. C’est vraiment extraordinaire ».


Une présence remarquée de Romuald Wadagni à la grande procession des masques
Après ces différentes manifestations, la grande procession des masques sur le boulevard lagunaire a été l’apothéose du festival. Divers masques du Bénin parés de leurs plus beaux atours ont défilé devant un public admiratif. Du Gunuko aux flamboyants Egungun en passant par les redoutables Zangbéto ou encore le mystérieux Guèlèdè, le programme était riche pour tenir en haleine le public sorti massivement pour vivre de près les manifestations. L’Eyo du Nigeria et le Zaouli de la Côte d’Ivoire sont venus apporter une touche internationale à cette procession.

Dans le public, assis aux premières loges, Romuald Wadagni, président du Bénin. Le chef de l’État béninois a fait le déplacement de Porto-Novo pour apporter un cachet spécial à cette troisième édition du Festival des Masques de Porto-Novo, la première depuis qu’il a pris les clefs du Palais de la Marina des mains de son mentor, Patrice Talon, qui s’apprête d’ailleurs à entrer dans sa nouvelle fonction de sénateur. Aux côtés de Romuald Wadagni, il y avait la Vice-présidente, Mariam Chabi Talata, plusieurs membres du gouvernement ainsi que des responsables d’institutions de la République.
A la fin de la procession des masques, place a été laissée au podium de musique qui a accueilli plusieurs vedettes de la musique béninoise parmi lesquelles Richard Flash, Pépé Oléka…




