Bénin, Présidentielle : Lionel Zinsou fait (presque) l’unanimité

« Jusqu’où ira Lionel Zinsou ? », titrait un grand hebdomadaire panafricain, il y a quelques mois. Rares étaient à l’époque ceux à parier sur le destin présidentiel de l’ex-président de PAI Partners, l’un des plus grands fonds d’investissement européens, alors fraîchement nommé Premier ministre du Bénin. Aujourd’hui, on assiste à un revirement complet de situation.

Déjouant tour à tour les pièges qui lui ont été tendus et se défaisant un à un de ses adversaires, Lionel Zinsou vient de ravir l’investiture de la mouvance présidentielle, Force Cauris pour un Bénin Emergent. Mais il pourrait bien ne pas s’en arrêter là, à en juger par l’attrait qu’il exerce auprès de certains grands ténors de la vie politique béninoise.

La force de l’audace

Lionel Zinsou serait-il en passe de réussir son incroyable pari ? Aujourd’hui, de plus en plus nombreux sont les Béninois à le croire. L’homme n’est pas loin en effet de parvenir à faire, sur son nom, « consensus ». Une condition qu’il considère comme impérative pour pouvoir se présenter à l’élection présidentielle, qui se tiendra au Bénin en février 2016. « Je ne veux pas être candidat dans la dissension. Le consensus est la valeur de la République, et je ne serai pas un candidat qui divise », a-t-il déclaré, il y a quelques jours. C’est précisément dans cette même optique que les primaires au sein du parti de la majorité présidentielle, Forces Cauris pour un Bénin Emergent (FCBE), ont été menées avant de livrer leurs résultats, le 25 novembre dernier. Parce qu’il a été jugé seul apte à pouvoir rassembler largement, Lionel Zinsou a été désigné comme le candidat officiel de la mouvance FCBE.

« Conscients de ce que, pour être le prochain Président du Bénin, il faudra réunir au-delà de notre famille politique, nos leaders FCBE ont confié leurs destinées à un grand dirigeant qui sait transcender les différences et susciter l’adhésion », explique Mathurin, un militant FCBE. Dans les rangs de la mouvance présidentielle, tout comme au sein de la société civile, l’on reconnaît aisément que Lionel Zinsou est le seul à avoir les épaules pour revêtir le costume de présidentiable. « Aucune malversation financière ne vient assombrir son parcours et tous les témoignages louent son sens élevé des responsabilités », affirme Abdou, un syndicaliste originaire de Parakou et fervent militant FCBE.

Mais au-delà des rangs de la seule mouvance présidentielle, nombreux considèrent aujourd’hui que Lionel Zinsou a la capacité de créer un large front commun avec d’autres forces politiques, qui pourraient très prochainement lui apporter leur soutien. Certains leaders de grandes formations politiques voient en effet d’un bon œil la candidature de Lionel Zinsou. Et les preuves de cette attraction nouvelle qu’exerce Zinli (surnom donné à Lionel Zinsou au Bénin) ne manquent pas. En témoignent les nombreux conciliabules entre lui et l’actuel président de l’Assemblée nationale Adrien Houngbédji du PRD (Parti du Renouveau Démocratique), l’actuel maire de Cotonou Léhady Soglo de la RB (Renaissance du Bénin) ou encore l’ancien Président Nicéphore Soglo. Quand on sait que les FCBE, le PRD et la RB sont les trois plus grandes forces politiques au Bénin, certains y voient déjà la constitution d’un probable front commun qui s’apparenterait à une redoutable machine électorale.

Hors sphère politique, les nombreuses sorties médiatiques de leaders de la Société Civile plaident également en faveur d’une candidature « Zinsou » de large rassemblement. Selon le Cadre de Concertation des Confessions Religieuses (CCCR), il faut pour 2016 « un homme de consensus, un patriote, un homme connu pour sa probité et son intégrité, un rassembleur épris de justice, d’équité et de paix, un homme de vérité qui a la crainte de Dieu ». Le futur président de la République, toujours selon le CCCR, « doit être un homme politique qui a déjà acquis des compétences managériales requises et qui a des qualifications professionnelles solides et une parfaite connaissance du pays et de ses compatriotes Béninois ». Autrement dit, le portrait « tout craché » de Lionel Zinsou.

Comme l’a écrit un militant FCBE, Moustapha Bello Moussa, dans une lettre ouverte adressée au Premier ministre et parue dans le Journal Le Matin du 17 novembre 2015, « Lionel Zinsou sera le candidat qui rassemble au-delà des couleurs ethniques ». Une nécessité pour un pays qui compte plus de 70 langues locales.

Alors, Lionel Zinsou ira-t-il jusqu’au bout ? Hier réservés, voire sceptiques, les Béninois sont aujourd’hui de plus en plus nombreux à en faire le pari.