Bénin : les droits d’auteur pour revitaliser le secteur culturel!

ou : quand le BuBeDRA renaît de ces cendres…

Au cours d’une cérémonie qui s’est tenue au Bénin Royal Hôtel, le ministre du Tourisme, de la Culture et des Sports Oswald HOMEKY a fait le bilan de réformes majeures engagées dans le secteur de la culture. La cérémonie s’est tenue en présence des artistes béninois, qui ont reçu de ses mains les nouvelles cartes du Bureau Béninois des Droits d’Auteurs (BuBeDRA).

Une note d’espoir pour les artistes béninois, qui n’y croyaient plus… En effet, le Bureau Béninois des Droits d’Auteur (BuBeDRA) avait perdu toute crédibilité à leurs yeux ! Répartition arbitraire des redevances liées aux droits d’auteurs, fraude grotesque due à la présence d’artistes fictifs dans la base de données dudit bureau, lourdeur administrative,etc… sont quelques unes des nombreuses plaintes des artistes à l’encontre de cette institution. Et c’est pour pallier tous ces maux et améliorer les conditions des créateurs que des réformes ont été engagées dans ce secteur en général et surtout au BuBeDRA, qui en est le coeur.

Avoir reçu ces fameuses cartes, a changé la donne. En effet,  les créateurs pourront désormais bénéficier des redevances du Bureau Béninois des Droits d’Auteurs (BUBEDRA). Les artistes béninois sont entrés en possession des nouvelles cartes du BUBEDRA. Ces cartes générées par le nouveau système de la structure et intégrant un code barre devraient renforcer la sécurité de la base de données des artistes sociétaires et favoriser l’éjection des artistes fictifs.  C’était lors d’une cérémonie présidée par le ministre du Tourisme, de la Culture, et des Sports, Oswald HOMEKY, le lundi 20 mai 2019.

Les artistes, acteurs et promoteurs de tout genre dans le secteur de la culture ont également été informés des différentes réformes en cours, au sein de cette institution en charge de la collecte et de la répartition des redevances. Des réformes qui s’articulent notamment autour d’un processus de dématérialisation couvrant le système d’adhésion, la collecte des redevances et le paiement des droits d’auteurs. Un fichier national informatisé des redevables est  en cours d’élaboration et a déjà permis d’enrôler quatre mille utilisateurs pour un recouvrement prévisionnel de deux cents millions par an.

Cette cérémonie a été aussi marquée par le point d’Eugène ABALLO, directeur du BUBEDRA, sur les insuffisances qui plongé cette organisation dans un immobilisme total depuis quelques années. Il a rappelé l’absence d’un manuel de procédures, l’inefficacité du système de perception, un faible taux de recouvrement des créances, l’absence d’un corps de contrôle, la présence de doublons et d’artistes fictifs dans la base de données des sociétaires, le manque d’une stratégie de communication, l’absence de relevés d’œuvres exécutées ainsi que d’autres défis auxquels le BUBEDRA faisait face face.

Pour clore la cérémonie, les artistes, dans leurs prises de parole, ont salué ces réformes qui ont considérablement changé leur quotidien. Ils en ont profité pour soumettre un certain nombre de doléances dont la lutte contre la piraterie et la re-dynamisation de toutes les structures opérant dans le secteur culturel.

Vivement que ce vent nouveau, qui a commencé à souffler sur le secteur des arts et de la culture au Bénin, perdure et améliore véritablement les conditions de vie des auteurs, créateurs, artistes, pour lesquels l’accès à leurs droits légitimes constitue la rémunération juste de leur travail.

Depuis Beaumarchais, génial dramaturge français du XVIIIème siècle, et désormais dans le monde entier, une création artistique est rémunérée à son auteur, à chaque fois qu’elle fait l’objet d’une interprétation. Le Bénin se devait de se donner les moyens de mieux percevoir et de mieux répartir cette manne, entre ceux qui y ont légitimement droit, pour donner encore plus d’énergie et de moyens à ceux qui font vivre notre culture et notre patrimoine, au quotidien et pour l’avenir !