
Le dimanche 30 août 2026 restera une journée particulière à Châtellerault, en France. 1 381 clarinettistes, réunis à l’initiative d’Emmanuel Boulanger, chef d’orchestre et collectionneur d’instruments de musique, se sont produits en chœur. Cette performance inédite a établi un nouveau Guinness World Record, détrônant le précédent rassemblement de 448 musiciens à Hong Kong. Intitulé « La Grande Clarinette », ce méga-projet a vu la participation du Béninois Landry Padonou, seul Noir de cet ensemble gigantesque. Clarinettiste et musicien professionnel, il évolue au sein du duo Landry+ aux côtés du guitariste et interprète Landry Magnidet Dannon. Celui qui se définit comme un « passionné de musique » s’est confié à Afrik.com après cette aventure hors norme.
Afrik.com : C’est quoi le concert de 1 381 clarinettistes en réalité ?
Landry Padonou : C’est une immense rencontre de clarinettistes venus de différents horizons, réunis autour d’un même objectif, c’est-à-dire jouer ensemble une même partition. Nous étions exactement 1381 clarinettistes réunis pour cette performance. Et c’est quelque chose d’assez impressionnant, parce qu’au-delà du nombre, il fallait parvenir à créer une véritable cohésion, une unité musicale, écouter les autres, respecter les tempos, les nuances, les indications du chef surtout. Je me rappelle que le chef disait pendant les répétitions qu’il a eu à diriger plus de 100 personnes, mais que jamais de sa vie, il n’avait dirigé plus de 1000 personnes. Donc pour lui aussi, c’est une performance. Et cette performance a été officiellement reconnue par le Guinness World Records comme un record mondial. Pour moi, ce n’était donc pas simplement un concert, c’était un moment historique pour la clarinette.
Afrik.com : Comment avez-vous eu vent de l’événement et comment avez-vous été sélectionné dans ce groupe où vous étiez le seul Noir ?
Landry Padonou : Concernant le projet, c’est l’amie d’une amie à moi vivant en France qui a écouté le communiqué à la radio et m’en a fait part. C’est comme ça que je suis entré en contact avec le rassembleur, je veux nommer Emmanuel Boulanger. C’est lui qui a eu l’idée ‘’folle” de rassembler autant de monde et de surcroît uniquement des clarinettistes venant du monde entier. C’est vrai qu’au départ, je savais que c’était un projet important, mais je ne mesurais pas encore complètement l’ampleur de ce qui allait se passer. C’est comme ça que j’ai accepté avec beaucoup d’enthousiasme parce que pour moi, ce serait un moment d’échange, de partage et surtout de rencontre.
C’est vrai qu’il y a longtemps que je joue de cet instrument, mais je n’ai jamais rencontré autant de personnes dans ce domaine, qui jouent de la clarinette en une journée. Au final, ce fut un moment formidable, exceptionnel. C’est quand je suis arrivé sur place que j’ai réalisé que non seulement je faisais partie de ceux qui venaient de très loin, mais aussi que j’étais le seul Noir africain et donc le seul Béninois présent parmi ces 1381 personnes.
Afrik.com : De quels pays sont venus les 1 380 autres clarinettistes ?
Landry Padonou : Il y avait majoritairement la France, la Belgique, la Grèce, l’Italie, le Canada, le Japon, etc.
Afrik.com : Vous détenez maintenant un Guinness World Record. Quel est votre sentiment après cette nomination ?

Landry Padonou : J’avoue que cela m’a évidemment marqué, mais je l’ai surtout vécu comme une immense fierté, celle de porter les couleurs du Bénin et plus largement de montrer que l’Afrique a aussi sa place dans ce genre d’événements internationaux. Honnêtement, j’ai encore du mal à le réaliser. Quand on me dit aujourd’hui que je suis détenteur d’un Guinness World Record, je ressens beaucoup de fierté, mais surtout une immense reconnaissance. Je pense à toutes les personnes qui m’ont soutenu, en particulier ma famille, mes proches, mes amis, mes collègues musiciens, mon binôme Landry Magnidet Dannon avec qui j’ai formé le duo Landry+, et à toutes celles et ceux qui, depuis l’annonce du record, m’envoient des messages de félicitations et d’encouragement.

Je ne considère pas ce record comme une réussite personnelle uniquement. Pour moi, c’est aussi une victoire pour le Bénin, pour les musiciens béninois et pour tous les jeunes qui rêvent de faire de la musique leur métier. Et puis, être le seul représentant africain dans ce rassemblement de 1 381 clarinettistes donne encore plus de sens à cette aventure.
Cette expérience m’a appris que la musique n’a pas de frontières. Elle m’a aussi rappelé l’importance du travail collectif. Dans un orchestre de 1 381 musiciens, personne ne peut jouer uniquement pour lui ; il faut apprendre à écouter, à s’adapter et à trouver sa place dans un ensemble. Enfin, elle m’a appris qu’il faut oser. Si je n’avais pas accepté cette invitation et effectué le déplacement, je n’aurais peut-être jamais vécu ce moment historique. Aujourd’hui, j’ai encore plus envie de continuer à porter la musique béninoise au-delà de nos frontières et d’encourager les jeunes musiciens à croire en leur potentiel. Voilà un peu ce que j’ai à dire. Merci à vous et merci à tous.
Afrik.com : Y a-t-il des avantages spécifiques liés à cette nomination ?
Landry Padonou : Je dirais que le premier avantage, c’est la visibilité et la crédibilité que cette reconnaissance apporte. Un Guinness World Record, c’est une référence internationale qui vient donner encore plus de poids à mon parcours de musicien. Cela peut ouvrir des portes, créer de nouvelles rencontres et donner davantage de visibilité à mes projets artistiques.
Afrik.com : Quels sont vos projets dans le futur immédiat et à moyen terme ?
Landry Padonou : Après ce sacre, je ne veux surtout pas m’arrêter là. Au contraire, je veux transformer cette expérience en énergie pour la suite : continuer à développer mes projets musicaux, notamment avec le Duo Landry+. Le Guinness World Record pour moi c’est une étape, pas une fin en soi.








