Bénin et Gabon ou… l’écorce et la racine

Situés l’un à l’ouest et l’autre au centre du continent africain, le Bénin et le Gabon sont deux pays frères entretenant des rapports étroits. Vieille de plusieurs décennies, cette relation embrasse plusieurs secteurs pour unifier et consolider les liens entre les deux peuples. Le Bénin et le Gabon : c’est pratiquement une histoire entre deux nations inéluctablement indissociables. En effet, ayant tous deux accédé à la souveraineté internationale le même mois et la même année (août 1960), ces deux pays ont également en commun la côte atlantique qui les baigne et les rapproche davantage.

Perçu comme une terre hospitalière, le Gabon avec ses deux millions d’habitants, a souvent accueilli des Béninois et leur a accordé une place très importante en son sein. C’est ainsi que doit être compris comme une chance, et comme une passerelle, le rôle clef joué, pendant de nombreuses années, auprès du Président Ali Bongo, par Maixent Accrombessi, originaire d’une vieille famille du Bénin, et qui vient de quitter officiellement la place centrale qu’il occupait au sein du cabinet présidentiel gabonais. Notons également qu’au Gabon sont installés une bonne partie des Xwla (ou Popo) et des Xuéla (ou Pédah), peuples pêcheurs qui rallient Libreville après un long périple côtier à bord de leurs pirogues et barques motorisées.

De même que le Gabon, le Bénin a su garder vivaces ses traditions culturelles et spirituelles. Les croyances et cultes qui appartiennent au patrimoine historique et religieux des deux pays n’ont pas été effacés, comme dans de nombreuses régions d’Afrique, par le rouleau compresseur de la colonisation puis de la mondialisation, jointe au déferlement médiatique des idéologies et traditions occidentales.

La musique d’aujourd’hui en porte témoignage : au Bénin comme au Gabon, les rythmes et les sonorités d’un héritage musical proprement africain continuent de nourrir la création contemporaine. Le rap en est l’exemple, qui transpose ce legs précieux dans des mélodies d’aujourd’hui et avec des textes qui font écho à la réalité des capitales modernes que sont Cotonou ou Libreville.

Ainsi, c’est sans doute par leur vitalité culturelle que Bénin et Gabon ont aujourd’hui à échanger et à perpétuer une amitié durable : les créateurs sont des chevaliers de paix et de compréhension, ils parlent la même langue, la langue authentique et puissante qui exprime les passions, les douleurs, les détresses et les enthousiasmes. Dans cette langue nulle place pour les jalousies, les exclusions, les rivalités égocentriques. Parler de ce qui nous touche vraiment, c’est retrouver les liens profonds qui nous unissent, au-delà de l’écume de l’actualité.