Bénin-EPA : « L’Afrique va apporter sa plus-value au patrimoine mondial »

Dans la capitale béninoise, Porto-Novo, l’Ecole du patrimoine africain (EPA) forme une nouvelle génération de professionnels africains à la sauvegarde et à la valorisation du patrimoine du continent. L’Union Africaine a officiellement reconnu cette école, à l’occasion du dernier sommet d’Addis Abeba. « Une exhortation au travail », commente le directeur de l’institution, Samuel Kidiba.

A Porto-Novo,

« Nous sommes face à de grands défis. Nous nous engageons à les relever ». Tels ont été les mots de conclusions de Mandicou Gueye, le représentant des élèves de la deuxième promotion de la licence professionnelle en sauvegarde et valorisation du patrimoine de l’Ecole du patrimoine africain (EPA), lors de la cérémonie de remise des diplômes. Près de 13 élèves sont sortis diplômés de l’institution le week-end dernier, au terme de 18 mois de formation intensive.

Une formation pratique

La pratique est au cœur de l’enseignement proposé et bénéficie de l’expertise et des conseils du Centre international d’études pour la conservation et la restauration des biens culturels (ICCROM)[[« L’ICCROM est une organisation intergouvernementale (OIG) qui se consacre à la conservation du patrimoine culturel. Ses membres sont des Etats indépendants ayant déclaré leur adhésion à l’organisation. Il a été créé pour servir la communauté internationale représentée par ses Etats membres, dont le nombre dépasse actuellement les 134. Il s’agit de la seule institution du genre à bénéficier d’un mandat à l’échelle mondiale ayant pour objectif la promotion de la conservation du patrimoine culturel, à la fois mobilier et immobilier, sous toutes ses formes. » Voir http://www.iccrom.org/fr/about/what-is-iccrom/]] et de l’Université Panthéon-Sorbonne à Paris.

Les participants ont contribué à la rénovation de différents musées de Porto-Novo. Un aboutissement de cette formation a été la présentation d’une exposition, « La Calebasse qui parle », dans l’enceinte du musée ethnographique de la capitale béninoise, symbole d’une mise en valeur du patrimoine panafricain.

« Changer le fonctionnement de vos institutions »

Chaque participant va maintenant retourner dans son pays d’origine pour tenter de mener à bien le projet professionnel présenté lors de la soutenance qui a clôturé cette formation. Venus du Burkina Faso, de Côte d’Ivoire, de la République démocratique du Congo, ou encore du Mali et du Sénégal, les élèves vont travailler pour les musées, les bibliothèques et les archives nationales de leurs pays respectifs.

Le coordinateur de la formation, Ismaïlou Baldé, a appelé les diplômés à « changer positivement le fonctionnement de (leurs) institutions ». La culture, comme dans la plupart des pays du monde, ne constitue pas la priorité des gouvernants, encore moins en Afrique, où le patrimoine du continent est « en friche », selon Samuel Kidiba.

« Renforcer la capacité de l’Afrique à préserver son patrimoine »

« Cette licence professionnelle veut renforcer la capacité de l’Afrique à préserver son patrimoine », a indiqué Brice Augustin Sinsin, le Recteur de l’Université Abomey-Calavi, la plus grande du Bénin, qui abrite cette licence professionnelle.

La formation d’un personnel qualifié dans chaque pays est un des grands enjeux de la sauvegarde du patrimoine africain. Ces professionnels doivent être capable d’abord de le recenser et de le faire connaître afin de pouvoir provoquer une prise de conscience chez les décideurs pour débloquer les fonds nécessaire à sa valorisation et à sa conservation.

Reconnue par l’Union Africaine

La reconnaissance de l’EPA par l’Union Africaine en a fait « une école à vocation panafricaine ». C’est une aubaine pour cette institution qui doit encore pérenniser son financement. Cela constitue un « honneur et une exhortation au travail », selon les mots du directeur de l’EPA.

L’Ecole du patrimoine africain propose des programmes de formations à 26 pays d’Afrique subsaharienne francophone, hispanophone et lusophone, afin de former des professionnels de la conservation et de la mise en valeur du patrimoine culturel. Depuis sa création en 1998, près de 100 professionnels ont été formés par l’EPA et 1 200 personnes y sont passées pour recevoir des formations d’assistant technique dans les divers domaines du patrimoine.