Ben Ali martyr du devoir

Le président tunisien, qui  » a toujours répondu à l’appel du devoir, quels que soient le poids de la responsabilité et l’ampleur des sacrifices « , a donné son accord  » implicitement « . Il briguerait bien un quatrième mandat en 2004. Les partisans du RCD, parti au pouvoir, l’exhortent à faire cet ultime sacrifice. Petit problème : la Constitution, modifiée par… Ben Ali , n’autorise que trois mandats présidentiels. A l’époque, le nouveau président, le général Zine Ben Ali, voulait éviter à la Tunisie l’exemple de Bourguiba, élu président à vie. Il a mis fin à la longue carrière de son prédécesseur grâce à un coup d’Etat médical.

Les amis de Ben Ali sont prévenants. Au prochain congrès du RCD, les députés trouveront  » les moyens propres à concrétiser  » cette volonté. En d’autres termes, ils proposeront une nouvelle Constitution pour que Ben Ali puisse  » se sacrifier « . Et rester à la tête de l’Etat.

Par amour de la Tunisie et par la grande estime que nous portons à votre illustre personne, avec quelques amis tunisiens et de nombreux amoureux de votre beau pays, nous avons décortiqué votre  » réponse implicite « . Nous sommes arrivés à la conclusion que vos amis ont mal interprété votre réponse.

Nous savons, nous aussi, que vous avez  » toujours répondu à l’appel du devoir, quels que soient le poids de la responsabilité et l’ampleur des sacrifices « . Nous savons – espérons – que vous ne modifierez pas la Constitution juste pour vous représenter. Il est vrai que la Tunisie a besoin de vous – les Tunisiens n’ont-ils pas voté pour vous  à 99,44% ? – mais votre sens du devoir et du sacrifice vous imposent de laisser la place à quelqu’un d’autre. Un démocrate, si c’est possible. Nous attendons impatiemment votre  » réponse explicite « . Qui, nous n’en doutons pas, contredira l’interprétation officielle.