Bangui opte pour l’apaisement

Ange-Félix Patassé veut régler pacifiquement l’affaire Bozizé, ancien chef d’état-major accusé de tentative de coup d’Etat, et calmer la tension avec N’Djamena. Il renonce à poursuivre le premier et donne des signes d’apaisement à Idriss Déby.

Fêtes en famille. Les personnes détenues pour leur implication dans l’affaire Bozizé ont manqué de peu de passer le réveillon de Noël dans leur famille. Dans un communiqué rendu public en début de soirée, le lundi 24 décembre, le Procureur général, Joseph Bindoumi, a jugé  » inopportune la procédure engagée contre elles et fait injonction au Procureur de la République de les remettre en liberté « .

Les prisonniers ont été libérés dimanche dernier en milieu de matinée. A la surprise générale, Bangui a décidé de renoncer à traduire en justice François Bozizé, ancien chef d’état-major, réfugié au Tchad. Accusé d’avoir voulu renverser Ange-Félix Patassé, François Bozizé n’a cessé de clamer son innocence. Sa fuite de la capitale centrafricaine à Sarh, dans le sud du Tchad, a envenimé les relations entre Bangui et N’Djamena.

Un négociateur nommé Khadafi

L’arrivée à Bangui du ministre libyen chargé de l’Union Africaine, Ali Abdessalem Triki, n’est pas étrangère à ce dénouement. Le Guide libyen s’investit personnellement dans la crise centrafricaine. En signe de bonnes intentions, Moamar Khadafi a convaincu le Mouvement pour la démocratie et la justice au Tchad (MDJT), le principal mouvement rebelle tchadien domicilié à Tripoli, d’engager des négociations de paix avec le gouvernement de N’Djamena. Depuis une semaine, le ton entre le Tchad et la Centrafrique, qui avait accusé N’Djamena de soutenir militairement le général Bozizé, n’a cessé de monter, les deux pays s’accusant mutuellement de mouvement de troupes sur leur frontière commune.

Fortement déstabilisée par les tentatives de coup d’Etat, la Centrafrique tente d’apaiser ses relations avec ses voisins pour éviter de nouveaux foyers de tension. Si Bangui a réussi son opération de charme avec le Tchad, l’ancien chef d’état-major, rétrogradé soldat 2e classe, n’a pas encore réagi à la clémence de Patassé.