Bamako favorable au dialogue avec Ansar Dine et le MNLA

Le Premier ministre malien Cheikh Modibo Diarra est favorable au dialogue avec les indépendantistes du MNLA et les islamistes d’Ansar Dine. Le chef du gouvernement de transition malien qui s’est entretenu dimanche à Ouagadougou, au Burkina Faso, avec le médiateur de la Cedeao, le président Blaise Compaore, a jugé inévitable le dialogue avec ces deux mouvements armés qui occupent le nord du Mali.

De notre correspondant

Le Mali est prêt au dialoguer avec le MNLA et Ansar Dine. En tout cas c’est ce qu’on peut retenir de la visite à Ouagadougou, au Burkina Faso, dimanche de Cheick Modibo Diarra. Pour le Chef du gouvernement malien, le dialogue est inévitable avec ses deux mouvements qui sont selon lui des compatriotes maliens. Il est nécessaire de s’asseoir autour d’une table pour dialoguer, examiner la légitimité ou non de leurs revendications, a estimé Cheikh Modibo Diarra.

« Pour que nous puissions vivre dans une société vraiment équitable et que chaque citoyen quel que soit son origine ethnique puisse avoir les mêmes aspirations, les mêmes droits et les mêmes devoirs, il faut qu’on puisse dialoguer à fond et se comprendre et c’est à ce prix qu’on aura une paix durable », a déclaré le Premier ministre à la presse après son audience avec le président du Burkina Faso.

Mais les autorités maliennes n’ont pas encore donné de dates précises pour ces pourparlers avec les deux mouvements armés. Des discussions qui ne prennent pas en compte des terroristes et des narcotrafiquants d’Aqmi (Al-Qaïda au Maghreb islamique) et du Mujao (Mouvement pour l’Unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest), qui pour la plupart ne sont pas des citoyens maliens selon le Premier ministre Diarra.

L’Algérie principale puissance régionale et puissant voisin du Mali, a par la voix de son ministre des Affaires étrangères, M. Mourad Medelci, salué ce début de négociation. Une démarche qui n’exclut pas selon M. Medelci une lutte « implacable » contre les groupes terroristes d’Al-Qaïda au Maghreb islamique et du Mujao dont c’est pourtant l’objectif principal de l’intervention armée au Nord-Mali.

La Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) et la communauté internationale s’y préparent activement . Selon Djibril Bassolé, le ministre burkinabè des affaires étrangères, le dialogue politique ne remplace pas l’intervention militaire et l’intervention militaire ne remplace pas le dialogue politique. « Nous avons besoin de combiner, judicieusement, un processus diplomatique et politique avec un processus de préparation militaire pour mettre hors d’état de nuire les groupes terroristes qui constituent une menace pour l’ensemble du processus et de la sous-région », a-t-il déclaré au quotidien national Sidwaya.