Bamako annule les accords de défense avec Paris


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Assimi Goïta, président de la Transition du Mali
Le président de la Transition du Mali, Assimi Goïta

Les autorités maliennes ont annoncé l’annulation des accords de défense avec la France et ses partenaires européens jadis engagés dans la lutte contre le terrorisme au Sahel.

Les relations entre le Mali et la France se dégradent davantage. Ce lundi 2 avril 2022, dans la soirée, en effet, la junte au pouvoir au Mali a annoncé rompre les accords de défense avec la France et ses partenaires européens. Ces derniers, aux côtés des Forces armées maliennes, participaient activement à la lutte contre le djihadisme galopant dans le Sahel, depuis près d’une décennie.

Dans un communiqué lu à la télévision nationale, le porte-parole du gouvernement, le colonel Abdoulaye Maïga, a indiqué que «depuis un certain temps, le gouvernement de la République du Mali constate avec regret une détérioration profonde de la coopération militaire avec la France, suite aux incidents suivants : l’attitude unilatérale du partenaire français, qui a décidé les 03 et 07 juin 2021, sans consulter au préalable le Mali, de suspendre les opérations conjointes avec les Forces Armées Maliennes (FAMa) et de mettre fin à l’opération Barkhane».

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«En outre, le 17 février 2022, la France a annoncé, encore sans aucune consultation de la partie malienne, le retrait des forces de Barkhane et Takuba», poursuit le communiqué, qui dénonce «de multiples violations de l’espace aérien opérées par des aéronefs militaires français, malgré l’instauration d’une zone d’interdiction temporaire par les autorités militaires maliennes, la manœuvre dilatoire consistant pour la France à demander une réunion d’experts pour la relecture du traité de défense, au lieu d’envoyer ses amendements, et cela plus de deux mois après l’envoi par le Mali de ses amendements, en décembre 2021».

Selon le colonel Abdoulaye Maïga, eu égard à ces insuffisances graves, ainsi qu’aux «atteintes flagrantes à la souveraineté nationale du Mali, le gouvernement décide de dénoncer le traité de coopération en matière de défense du 16 juillet 2014, conformément aux dispositions de son article 26 alinéa 4». Le document poursuit que Bamako dénonce «avec effet immédiat, l’accord des 7 et 8 mars 2013 déterminant le statut du détachement français, applicable à la force Barkhane et le protocole additionnel des 6 et 10 mars 2020 déterminant le statut des détachements non français de la force Takuba».

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