Ayaan Hirsi Ali demande la protection de l’Union Européenne

La Néerlandaise d’origine somalienne, Ayann Hirsi Ali, a été reçue jeudi à Bruxelles par des députés européens à qui elle a demandé le soutien de l’Union européenne pour sa protection physique.

Accompagné du philosophe français Bernard-Hery Levy, Mme Hirsi Ali a demandé à l’Union européenne de financer sa protection par un Fonds, parce qu’elle est toujours menacée par les islamistes extrémistes qui ont prononcé une « Fatwa » contre elle.

Universitaire, militante des droits de la femme, Ayann Hirsi Ali est l’auteur du scénario d’un film documentaire, intitulé « La Soumission », dans lequel elle dénonce la Charia, la loi islamique qui condamne à mort par lapidation, la femme musulmane adultère.

Après la sortie du film en 2006, aux Pays-Bas, le réalisateur du documentaire, Théo Van Goth, fut assassiné dans la rue par des extrémistes islamistes, qui ont ensuite dirigé leurs menaces sur Ayaan Hirsi Ali. Craignant pour sa vie, la jeune femme se réfugia aux Etats-Unis avant de revenir un an plus tard en Hollande.

Les eurodéputés socialistes, qui ont organisé cette rencontre, demandent la création d’un Fonds européen qui servirait à financer la protection des personnes menacées à cause de leurs idées.

Avant de se rendre à Bruxelles, Ayaan Hirsi Ali se trouvait à Paris où elle a été reçue par Mme Rama Yade, 31 ans, Française d’origine sénégalaise, secrétaire d’Etat en charge des Droits de l’Homme dans le gouvernement du président Nicolas Sarkozy.

A Paris, Ayaan Hirsi Ali avait demandé la nationalité française dans l’espoir que, devenue française, la France pourrait assurer sa protection contre les extrémistes islamistes.

La jeune femme vit une longue errance. Née en 1969 en Somalie, elle quitta son pays en 1992 pour les Pays-Bas où le statut de réfugié politique lui fut accordé.

Après de brillantes études universitaires, elle obtint la nationalité néerlandaise et devint membre du VVD, parti libéral néerlandais au nom duquel elle fut élue députée au Parlement des Pays-Bas.

En 2006, la nationalité néerlandaise lui fut retirée sur décision ministérielle, sous prétexte qu’elle avait fait une déclaration mensongère pour demander l’asile politique aux Pays-Bas.

Déchue de la nationalité néerlandaise, elle perdait du coup son statut de députée au Parlement des Pays-Bas et, en même temps, la protection des services de sécurité du pays. Elle se décida alors à se réfugier aux Etats-Unis, avant de revenir en 2007 aux Pays- Bas où le gouvernement avait décidé de lui restituer la nationalité néerlandaise, sans toutefois lui accorder la protection des services de sécurité.

Etant toujours sous la menace des extrémistes islamistes, Ayaan Hirsi Ali demande la création d’un Fonds européen pour financer sa protection physique.