Axe ferroviaire Dakar-Bamako : la privatisation sur de nouveaux rails

La privatisation de l’axe ferroviaire Dakar-Bamako reprend forme. Les gouvernements du Sénégal et du Mali se sont récemment mis d’accord sur le principe d’une concession complète de la ligne. Une solution longtemps préconisée par leurs bailleurs de fonds.

Entamées depuis 1996, les négociations sur la privatisation de l’axe de chemin de fer Dakar-Bamako sont en passe d’être achevées. Les ministres sénégalais et malien des transports se sont tout récemment entendus sur un schéma d’action commun, basé sur le principe d’une concession complète de la ligne. Ils reprennent ainsi le cadre que leur proposait leurs différents bailleurs de fond.

La ligne transnationale est actuellement cogérée par la Société nationale de chemins de fer du Sénégal (SNCS) et la Régie des chemins de fer du Mali depuis l’indépendance respective des deux pays.  » L’axe est avant tout économique  » explique t-on au Ministère des transports sénégalais.  » Le Mali n’a pas de façade maritime et toutes ses importations se font à partir du port de Dakar (…) L’axe représente 70% des recettes de la SNCS « , poursuit-on.

Un secteur public inefficace

La privatisation est une nécessité suggérée par la Banque mondiale (BM) et l’Agence française de développement (AFD). Du moins est-ce la réponse que les deux pays se sont vus opposer à une énième demande de prêts pour financer la réhabilitation des voies. Si pour le Ministère du transport sénégalais,  » le secteur public n’a pas les moyens d’investir pour améliorer le réseau « , il s’agit pour l’AFD  » d’une mauvaise gestion publique de la ligne « . Aussi préconisait-elle, avec les autres bailleurs de fonds, de laisser l’administration du chemin de fer à un opérateur privé, pour  » une meilleur gestion commerciale, financière et technique « .

Initialement, le Sénégal et le Mali, s’étaient entendus sur une concession partielle du trafic. Il était uniquement question alors de trouver un partenaire pour l’exploitation de la ligne. La réhabilitation restant à la charge des Etats. Aujourd’hui, les Maliens se rangent à la position du nouveau numéro un sénégalais, Abdoulaye Wade, en faveur lui d’une concession complète, où tout serait à la charge d’une seule et unique société concessionnaire.

L’idée d’une privatisation limitée a vécue. En février, le nouveau cadre sera discuté avec la BM et l’AFD à Washington pour préparer les prochains appels d’offre. Pour le Ministère des transports sénégalais, la date souhaitée pour finaliser la privatisation est fixée à fin septembre. Une date qui mettrait un terme à un long processus politico-financier, commencé il y a bientôt cinq ans.